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La politique économique doit être moins chercher à doper la demande à travers les banques centrales comme la BCE qu'à encourager l'entrepreneuriat, selon la BRI
© AFP

Prévisions

La BRI rejette la thèse de la «stagnation séculaire»

«Encouragez l’entrepreneuriat», demande la Banque des règlements internationaux (BRI). La banque centrale des banques centrales demande moins de politique monétaire et davantage de véritables réformes économiques. Elle ne reconnaît pas de déficience structurelle de la demande

Comment interpréter l’impasse dans laquelle se trouve l’économie mondiale et comment en sortir? Pour répondre à ces questions, Claudio Borio, responsable du départ économique et monétaire à la Banque des règlements internationaux (BRI), analyse les deux hypothèses possibles lors de la 33e conférence de politique économique de la National Association for Business Economics, qui s’est tenue du 5 au 7 mars à Washington.

La demande n’est pas déficiente

La première hypothèse est celle de la «stagnation structurelle», qui se caractérise par une déficience structurelle de la demande. Cette thèse développée en premier aux Etats-Unis amène les keynésiens à exiger des programmes de relance.

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La deuxième hypothèse est celle du «frein financier» (financial cycle drag), qui se définit par l’incapacité à empêcher une bulle financière si bien que, si elle éclate, ses effets sont redoutables à long terme.

La BRI critique l’hypothèse de stagnation structurelle. L’étendue du déficit de la balance courante américaine la contredit clairement, à son avis. Actuellement, le taux de chômage est retombé à sa moyenne historique dans de nombreux pays, voir à ses plus bas comme aux Etats-Unis. Il est faux de parler d’un manque de demande.

Un problème d’offre et non de demande

A l’inverse, l’hypothèse de frein financier s’appuie sur l’observation d’une moindre reprise économique que de coutume. La BRI note que sur 40 ans et dans une étude sur 40 pays, un boom financier se traduit par une mauvaise allocation des ressources et une forte croissance des branches à faible productivité, comme la construction.

Lire aussi: «Une politique de l’offre paraît nécessaire»

Ces observations amènent Claudio Borio à conclure que l’économie fait face à un problème d’offre et non de demande. La réponse à la crise a permis d’éviter une véritable dépression, mais la politique choisie a été «incapable de créer les bases d’une reprise équilibrée, robuste et durable», explique l’économiste. Claudio Borio constate que l’on a «trop peu cherché à restaurer les bilans et trop mis l’accent sur la relance de la demande».

La BRI recommande «un rééquilibrage de la politique économique. Il faut «moins chercher à gérer la demande, notamment par la politique monétaire», selon la BRI. Par contre, il faut «privilégier les mesures structurelles pour renforcer l’économie à long terme», recommande Claudio Borio. Ce dernier cite «les incitations pour développer l’entrepreneuriat, la concurrence et une réallocation des ressources». La politique budgétaire peut, dans certains cas, jouer un rôle dans ces mesures structurelles.

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