Après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux Etats-Unis et la mise en œuvre de sa politique «America first», le président chinois Xi Jinping ne laisse passer aucune occasion de se positionner contre le protectionnisme et en faveur de la poursuite des réformes de la gouvernance économique mondiale.

Lors de l’ouverture lundi du neuvième sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) à Xiamen, ville côtière du sud-est de la Chine, il a demandé à ses homologues d’œuvrer en faveur d’une économie mondiale ouverte et d’un système multilatéral efficace. «Une mondialisation ouverte, inclusive et équilibrée profitera à tous», a-t-il dit.

En matière de réforme de la gouvernance mondiale, les BRICS pensent avant tout au Fonds monétaire international (FMI), où ils affirment être sous-représentés au sein du comité de direction. «Nous voulons augmenter notre participation et faire entendre la voix des pays émergents et en développement afin de créer une nouvelle dynamique pour combler le fossé Nord-Sud», a poursuivi le président chinois. En effet, ces pays s’élèvent systématiquement contre le fait que les Etats-Unis, avec 17% des droits de vote, aient un droit de veto sur toute décision prise au FMI.

Dans le même registre, ils demandent de mettre fin à la règle non écrite selon laquelle un ressortissant européen occupe toujours le poste de directeur de cette institution et un Américain dirige la Banque mondiale.

«Qu’ont-ils en commun?»

Mais au-delà de ces appels, Xi Jinping a surtout tenté de montrer la pertinence de l’existence même du groupe. D’autant plus que des questions se posent sur la cohésion de celui-ci. «Qu’ont-ils en commun?» s’est interrogé Christopher Balding, professeur d’économie à l’Université de Pékin, cité par l’AFP. «Economiquement, commercialement, financièrement, ils font tout de manière très différente.»

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Dans son discours de bienvenue, le président chinois a rappelé que la New Development Bank (NDB), créée à l’initiative des BRICS pour concurrencer la Banque mondiale, est bel et bien opérationnelle. Avec son quartier général à Shanghai et une succursale ouverte en août dernier à Johannesburg. L’an dernier, seulement 5,7% des fonds disponibles – 197 milliards de dollars au total – ont été attribués.

A ce propos, Xi Jinping a annoncé lundi un don de 76 millions de dollars qui servira à fluidifier les procédures pour les nouveaux prêts. La NDB estime qu’elle financera des projets à hauteur de 32 milliards d’ici à 2021. Objectif: augmenter le commerce et les investissements entre les cinq pays.

Classe moyenne en expansion

Dans une chronique publiée lundi, le Global Times, porte-voix de Pékin, relève que les BRICS – 40% de la population mondiale – ont fait beaucoup de chemin en dix ans. Leur part dans l’économie mondiale est passée de 12 à 23%, dans le commerce de 11 à 16% et dans les investissements de 7 à 12%. Par ailleurs, leur part dans la croissance mondiale est estimée à plus de 50%.

Le journal en ligne fait encore ressortir que les exportations de services des cinq pays avaient atteint 540 milliards de dollars en 2015. Et avec une classe moyenne en pleine expansion, ces pays offrent de grandes possibilités de coopération dans des domaines tels que le tourisme, l’éducation et la santé.

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Pour sa part, en marge du sommet de Xiamen, le Financial Times relève que la coopération entre les BRICS s’intensifie d’année en année. «Cette coopération ne concerne pas seulement le commerce et les investissements, elle s’étend aussi aux sports et à la culture. Désormais, il y a au moins 100 réunions par an entre les cinq pays», écrit le quotidien britannique.