Après Bank of America, Lloyds Group ou encore Dresdner Bank, c'est au tour de Standard Chartered d'annoncer des réductions drastiques d'effectifs: 6000 postes seront supprimés ces trois prochaines années, ce qui représente environ un cinquième des forces de la banque britannique, très active en Asie. En parallèle, elle en créera 1000, ce qui réduit les pertes nettes à 5000. Objectif: améliorer la productivité, à l'heure où l'établissement a réalisé un bénéfice au premier semestre inférieur aux prévisions des analystes, à +25%. Le chief executive, Rana Talwar, a notamment reconnu la vétusté des systèmes informatiques: «Nous allons essayer de construire une plate-forme plus efficace.» «Les initiatives que nous prenons transformeront Standard Chartered et confirmeront sa position de première banque sur les marchés émergents», a souligné la banque dans un communiqué.

Standard Chartered paiera 480 millions de livres (1,2 milliard de francs suisses) pour éliminer les 6000 emplois et déplacer des centres de transactions sur des sites meilleur marché. Ces dépenses devraient générer des baisses de coûts de 70 millions de livres l'an prochain et de 170 millions par année dès 2003. Réaction d'analystes: les sommes investies sont trop élevées en regard des économies escomptées, à une époque où la concurrence des autres banques réduit les marges. Et si l'on ajoute que les résultats semestriels ont été jugés décevants, on comprendra aisément que le titre ait perdu 11% dans la foulée de ces annonces.

Ces résultats font d'autant plus pâle figure que ceux d'HSBC – que l'on compare fréquemment à Standard Chartered en raison de leurs importantes opérations sur les marchés émergents et de la plus faible exposition aux pressions sur leur marché domestique – sont meilleurs que prévu: son bénéfice semestriel a progressé de 31% grâce à de récentes acquisitions et à une baisse des provisions pour crédits douteux.

Licenciements en masse

Les plus grandes banques du monde ont engagé depuis plusieurs mois de vastes plans de restructuration pour doper les recettes, tandis que la concurrence accrue rend plus difficile le dégagement de bénéfices des services bancaires traditionnels: Bank of America, la plus grande banque américaine, a déjà annoncé qu'elle allait supprimer 10 000 emplois. Quant à Dresdner Bank, la troisième banque allemande, elle raye 5000 postes et ferme des succursales dans l'espoir de doubler ses profits d'ici 2003.