Il souffle un vent de révolte contre les banques en Grande-Bretagne. Depuis plus d'un mois, suite à une campagne menée par l'association de consommateurs Which?, des dizaines de milliers de Britanniques réclament un remboursement des frais bancaires qu'ils estiment excessifs. Le Financial Ombusdman Service, qui recevait environ 100 appels téléphoniques par semaine l'an dernier, fait face à 3000 demandes par jour actuellement.

L'agacement est d'autant plus important que les banques affichent des bénéfices avant impôts record pour 2006: 10,1 milliards de francs pour Lloyds TSB, 17,1 milliards pour Barclays, 13,8 milliards pour HBOS, 22,1 milliards pour RBS...

Frais injustes et excessifs

Le problème concerne essentiellement les agios à payer suite à un découvert. Selon Which?, il est courant que ceux-ci atteignent 70francs, même si le découvert n'est que de quelques livres sterling. «Bien sûr, il est normal que les banques imposent des frais, mais ceux-ci sont injustes et excessifs», s'agace un porte-parole de l'association.

Son argument légal est simple: les banques n'ont pas le droit de réaliser des bénéfices sur les pénalités qu'elles imposent. Aucune banque n'a montré comment elle calculait ses charges, mais selon les spécialistes, les frais de dossier d'un découvert s'élèvent environ à 10francs. Soit sept fois moins que les commissions imposées.

Faux, répondent les banques. Selon elles, les agios ne sont pas des pénalités, mais des «frais pour service rendu». Dans ce cas-là, elles ont le droit de réaliser un bénéfice.

Mais derrière leur discours défensif, elles ont jusqu'à présent systématiquement évité d'aller en justice quand un client leur demande remboursement. Parfois, elles refusent de rembourser les frais lors de la première demande.

Menaces voilées

Plusieurs cas de menaces voilées ont été recensés: certaines banques cherchent notamment à fermer le compte du client mécontent. Mais quand ce dernier persévère et se plaint auprès du Financial Ombusdman Service, il a pour l'instant toujours obtenu gain de cause.