UBS et Credit Suisse risquent une sanction au parlement européen. Leurs représentants pourraient être privés d’accès aux lieux tant à Bruxelles qu’à Strasbourg, fréquentés par les lobbyistes de tous genres. Les deux grandes banques y ont pignon sur rue, par le biais du Swiss Business Council créé conjointement en 2015.

Pourquoi? Parce qu’elles boudent une audition lundi prochain, convoquée par la Commission d’enquête sur le blanchiment d’argent sale, l’évasion et la fraude fiscale. Elle a été instituée l’an dernier suite aux révélations des «Panama Papers», détaillant la manière dont le cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca avait créé 214 488 sociétés écrans pour le compte de ses clients, dont de nombreux Européens. Les documents montraient le rôle des banques ainsi que de cabinets d’avocats et fiscalistes dans le scandale.

Quatre Suisses auditionnés à Bruxelles

UBS a fait comprendre au Temps qu’elle avait participé à un exercice similaire en 2016 et qu’elle renonçait à une nouvelle représentation. Credit Suisse affirme qu’aucune décision finale par rapport à cette audition n’a été prise.

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La Finma a aussi décliné l’invitation, disant qu’elle ne participe pas, par principe, aux auditions à l’étranger. Idem pour le Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent, une unité de l’Office fédéral de la police. Raison invoquée: son directeur a d’autres obligations lundi.

L’agenda de l’audition indique quatre participations suisses dont le procureur genevois Jean-Bernard Schmid et Peter Lutz, membre du barreau genevois.