Technologie

Bruxelles pourrait infliger une amende de 6 milliards de dollars à Google

La Commission européenne a ouvert mercredi une enquête contre Google pour déterminer si le géant américain n’enfreint pas les règles européennes de concurrence avec son système d’exploitation pour smartphone Android

«Oui, nous sommes prêts à infliger une amende à Google, toutes les voies sont ouvertes.» Ce mercredi midi, la commissaire européenne en charge de la Concurrence, Margrete Vestager, a lancé la charge la plus importante contre la firme américaine. Pressentie depuis plusieurs jours, l’annonce de mercredi concerne deux éléments bien distincts. D’abord, la Commission européenne accuse Google d’abus de position dominante en favorisant systématiquement son propre comparateur de prix dans ses pages de résultats de recherche générale. Ensuite, Bruxelles ouvre une procédure formelle d’examen distincte concernant Android, le système d’exploitation pour smartphone.

Entrée en fonction en novembre dernier, Margrete Vestager n’aura ainsi pas perdu de temps. Alors que son prédécesseur avait débuté le dossier il y a plus de quatre ans, la nouvelle commissaire a affirmé mercredi s’être saisie en priorité de ce dossier. «J’ai mis à jour les informations, rencontré tous les acteurs de ce marché, y compris Google», a-t-elle expliqué.

La commissaire l’a répété plusieurs fois: elle veut agir dans l’intérêt des consommateurs. Et se baser sur des faits. Margrete Vestager estime que Google abuse de sa position dominante en mettant en avant son service de comparateurs de prix (Google Shopping) dans les résultats de recherche. «Et ce alors que, souvent, ce service n’est pas le résultat le plus pertinent lors d’une recherche.» La commissaire soupçonne ainsi Google d’avoir créé un algorithme favorisant ses services. «Lorsque vous avez 90% de parts de marché, vous êtes en position dominante et vous avez des responsabilités», a souligné Margrete Vestager.

La commissaire affirme vouloir parvenir à un accord avec Google, sans en dévoiler les contours. Si aucun accord ne devait avoir lieu, une amende correspondant à au maximum 10% du chiffre d’affaires annuel de Google (66 milliards de dollars) pourrait être infligée par Bruxelles.

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