Place à la confiance. La Commission européenne croit pouvoir tourner la page de la morosité économique. D'après Bruxelles, après une première moitié d'année maussade, le deuxième semestre sera celui du rebond de la croissance dans les douze pays de la zone euro.

Selon des estimations préliminaires d'Eurostat, entre avril et juin, la croissance de la zone s'est tassée à 0,3% en glissement trimestriel (1,2% sur un an) après 0,5% au premier trimestre. Le rapport de l'institut de statistiques recelait toutefois une bonne surprise en provenance d'Italie. En bondissant de 0,7% par rapport au premier trimestre (0,1% sur un an), soit sa plus vive hausse au cours des quatre dernières années, l'économie de la Péninsule laisse derrière elle deux trimestres de récession. «Cette progression surprise pourrait être expliquée par la première hausse de la production industrielle depuis un an», notent les économistes de BNP Paribas. «Mais on est en droit de se demander s'il s'agit […] d'un répit ou bien du point de départ d'une amélioration plus générale. La demande intérieure devrait rester faible au cours des prochains mois.»

Le dynamisme exceptionnel de l'Espagne ne souffre, lui, aucune contestation. Soutenue par une vigoureuse demande interne, l'économie ibérique fait toujours la course en tête (0,9% de croissance sur un trimestre, 3,4% sur un an). Pour l'Allemagne en revanche, c'est un zéro pointé. La stagnation de l'économie au deuxième trimestre, après 0,8% au premier, mérite toutefois une approche nuancée. Cette contre-performance s'expliquerait avant tout par la progression des importations induites par le redressement de la demande interne. Ce qui sous-entend que l'économie allemande a probablement atteint son point bas lors du trimestre écoulé.

Un optimisme partagé

A en croire la Commission européenne, l'avenir conjoncturel s'annonce donc plus radieux. Si elle a maintenu inchangées ses perspectives de croissance pour le trimestre en cours (entre 0,2% et 0,6%), la première mouture de son pronostic pour les trois derniers mois de l'année fait état d'une fourchette allant de 0,4% à 0,8%. Les «effets décalés des évolutions favorables sur le front des changes et l'amélioration de l'environnement international» rendront possible cette accélération, indique Bruxelles dans un communiqué. Dans son dernier bulletin mensuel, la Banque centrale européenne partage son optimisme – modéré. Tout en concédant que le niveau élevé des prix du pétrole et la faiblesse de la confiance des consommateurs européens constituent deux menaces à son scénario, l'institut estime que «la zone croîtra de façon soutenue, bien que graduelle». C'est mieux, mais pas encore assez. Avec perfidie, Bloomberg rappelle que pour la treizième fois cette année au cours des quatorze dernières, l'économie européenne sera à la traîne de la locomotive américaine.