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Le Commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, s’est défendu de «tout message de pression» à l’adresse du nouveau président élu Emmanuel Macron concernant les déficits publics français.
© Francois Lenoir/Reuters

Conjoncture

Bruxelles rappelle Emmanuel Macron à l’ordre

La victoire du candidat d’En marche! a soulagé l’Union européenne. Mais tout ne sera pas rose entre Paris et Bruxelles, notamment sur les questions économiques, et la Commission le fait déjà savoir

Un état de grâce mais pour combien de temps? Si l’Union européenne (UE) a poussé un «ouf» de soulagement dimanche soir, elle est aussi vite revenue à la réalité, notamment à la réalité économique de la France. Et le président français élu, Emmanuel Macron, s’est déjà fait interpeller par Bruxelles depuis son élection, en l’occurrence sur les dépenses de son pays mais aussi sur des aspects plus spécifiques de son programme économique.

Le président de la Commission européenne a dégainé le premier. Heureux qu’Emmanuel Macron ait porté durant la campagne une vision pro-européenne, Jean-Claude Juncker a néanmoins estimé lundi que la «France dépense trop d’argent» et pas toujours au bon endroit. Jeudi, le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, s’est chargé de porter un peu plus concrètement le message mais de manière plus amicale lors de la présentation des prévisions de croissance de la Commission européenne.

La France se porte mieux, a dit en substance Pierre Moscovici, mais il n’en reste pas moins que la Commission européenne a revu à la hausse ses prévisions de déficit pour 2018, l’établissant à 3,2% du produit intérieur brut (PIB) contre une prévision initiale de 3,1%. En 2017, la France devrait en revanche finir l’année en se trouvant pile à – 3%, a dit Bruxelles. Pas de quoi toutefois être assuré de sortir d’une procédure de déficit excessif ouverte contre Paris depuis 2007.

Bruxelles dément mettre la pression sur Paris

Se réjouissant de l’élection d’Emmanuel Macron, qu’il connaît bien, le Français a précisé que la Commission n’avait pas du tout comme intention de «mettre la pression» sur Paris, ni ne souhaitait s’inscrire dans une logique de «sanction». Le commissaire a même encouragé la France à sortir rapidement de la procédure de déficit excessif, démarche qu’il juge tout à fait «à portée de main», avec quelques efforts «minimes», a-t-il assuré.

En interne, la Commission aimerait toutefois plus d’ambition, alors qu’Emmanuel Macron a fait savoir qu’il ne voterait pas de mesures supplémentaires en 2017. Bruxelles attend en effet que la France se trouve, déjà en 2017, en deçà de ces – 3% et qu’elle continue de se situer en dessous de manière durable. Faute de quoi, la France pourrait être après 2018 le seul pays à se trouver dans une procédure de déficit excessif.

La Commission émet aussi des réserves sur d’autres aspects du programme du candidat d’En marche! Ainsi Jean-Claude Juncker n’est-il pas emballé par l’idée d’un ministre de la zone euro, dispositif qui va requérir un changement des traités européens.

Sur la capacité budgétaire de la zone euro, également prônée par le président français élu, Jean-Claude Juncker juge, sans contester l’idée, qu’il y a des préalables à respecter comme le fait de parvenir à une plus grande convergence économique et politique, en particulier dans les politiques du marché du travail. Fin mai, la Commission devrait d’ailleurs publier une communication sur ce sujet.

Enfin, ces derniers jours, c’est le fameux Buy European Act proposé par Emmanuel Macron qui a soulevé des inquiétudes. Son projet est de réserver l’accès aux marchés publics européens aux entreprises qui localisent au moins 50% de leur production en Europe. Mais le commissaire européen chargé de la Compétitivité, Jyrki Katainen, a jugé que le projet en l’état n’était pas compatible avec les règles européennes en matière de marchés publics.

Sur le commerce international, la Commission pourrait aussi être vigilante sur les propositions du président français concernant les accords de libre-échange dont le traité avec le Canada. Pour le libre-échange, Emmanuel Macron a toutefois promis de créer une commission indépendante afin d’en évaluer les dangers éventuels. Cette nouvelle n’est pas forcément positive pour l’UE, qui a déjà plus que peiné à faire signer cet accord par tous les Etats membres et qui entame une période de ratification délicate.

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