Bruxelles retrouve un certain optimisme en 2015

Conjoncture Les Vingt-Huit renoueront avec la croissance, qui s’accélérera en 2016

Pour la première fois depuis le début de la crise en 2007, tous les Etats de l’Union européenne (UE) devraient renouer avec la croissance en 2015. Plusieurs facteurs l’expliquent: la baisse des prix pétroliers, la dépréciation de la monnaie unique, les réformes en cours, l’accélération de la demande intérieure et extérieure, mais aussi l’impulsion donnée par le projet d’assouplissement monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et le plan d’investissements de Jean-Claude Juncker.

Selon les prévisions conjoncturelles d’hiver présentées jeudi par la Commission, le taux de croissance atteindra 1,7% cette année pour l’ensemble et 1,3% pour la zone euro. L’embellie se poursuivra l’an prochain avec un taux de croissance de 2,1% et 1,9% respectivement.

Le chômage en baisse

Mais il n’y a pas que de bonnes nouvelles. Le chômage a certes commencé à baisser dans de nombreux pays, mais il reste à un niveau élevé, soit 8,8% dans l’UE et 11,2% dans la zone euro en 2015. La poursuite des réformes du marché du travail devrait encore faire baisser le nombre de sans-emploi en 2016. Du côté de l’inflation, elle restera en 2015 et en 2016 bien en deçà de la cible de 2% fixée par la BCE. Techniquement, la zone euro sera même en déflation cette année avec –0,1%, mais la Commission ne s’inquiète pas outre mesure, d’autant que les prix remonteront de 1,3% en 2016. Pour l’ensemble de l’UE, l’inflation atteindra 0,2% en 2015 et 1,4% en 2016. La Commission espère que la reprise de l’activité et des exportations crée encore un peu d’inflation. Par ailleurs, parmi les grands pays, trois (France, Italie et Espagne) vont réduire leur déficit budgétaire, mais sans pour autant respecter la cible de 3% du PIB fixée par le Pacte de stabilité. Du côté de la dette, celle de la zone euro va atteindre son sommet avec un taux de 94% du PIB en 2015, mais elle commencera à baisser dès l’an prochain.

Risques de dérapages

Le commissaire Pierre Moscovici, chargé des Affaires économiques et monétaires, fiscalité et douanes, qui a présenté les prévisions, a qualifié la situation de «légèrement mieux» que les prévisions d’automne 2014. «Il reste encore beaucoup à faire, notamment sur le plan de l’emploi, qui reste inaccessible à des millions d’Européens», a-t-il déclaré. Il a mis en garde contre les risques de dérapages: la situation géopolitique mondiale et l’instabilité des marchés financiers. La Commission part du principe que la Grèce, pays qui se trouve en posture de mouton noir de l’Union européenne, poursuivra ses réformes selon ses engagements avec ses créanciers.

Les prévisions s’inscrivent dans le cadre des perspectives économiques mondiales qui, elles, évoluent en léger recul par rapport aux précédentes prévisions. Un phénomène qui concerne plus particulièrement les économies fortement dépendantes des matières premières (Russie, Amérique du Sud, Golfe). Dans l’ensemble, l’économie mondiale devrait enregistrer une croissance de 3,6% en 2015 et de 4,0% en 2016. En automne, les prévisions étaient de 3,8% et 4,1% respectivement.