Terrorisme

Bruxelles tourne au ralenti depuis quatre jours

Selon la Fédération des entreprises belges, l'image de Bruxelles sera à refaire auprès des investisseurs et des touristes

La place Sainte-Catherine, tout près du centre historique de Bruxelles, est prête à accueillir le traditionnel marché de Noël. La centaine de cabanons achalandés en produits divers, le chalet suisse qui propose fondue et raclette qui occupe sa place centrale habituelle, un toboggan géant ainsi que Brussels View - la Grande roue - attendent leurs premiers clients. Le coup de gong sera donné vendredi prochain et les animations se poursuivront jusqu’à la première semaine de janvier prochain. L’an dernier, le marché avait drainé 1,5 million de visiteurs. En réalité, c’est toute la ville, commerce, hôtels, cafés et restaurants, qui se pare pour les fêtes.

Les entrepreneurs ne se frottent toutefois pas les mains. Le niveau d’alerte 4, c’est-à-dire maximale et qui signifie que des attentats sérieux et imminents sont à prévoir, est en vigueur depuis samedi passé dans la capitale européenne. Et le restera probablement jusqu’au lundi prochain. Le métro, principal moyen de transport public, est à l’arrêt depuis quatre jours. Si tout va bien, il desservira de nouveau la ville graduellement à partir de ce mercredi. Quelques centres commerciaux et autres enseignes sont restés ouvert. Mais durant le week-end, la fréquentation a été moins que 30%. Depuis lundi, les grandes surfaces alimentaires Delaize et Carrefour tentent de reprendre une activité normale, non sans avoir renforcé les mesures de sécurité. Ces derniers ont aussi  noté une augmentation du commerce électronique.

«Dans la restauration, la situation est pire, a constaté Yvan Roque, président de la Fédération Horeca  qui regroupe hôtels, restaurants, cafés.  Dimanche, les restaurateurs ont fait 10% de leurs recettes habituelles. Pour lundi, ils ont enregistré presque 100% d’annulations.» Les quelques restaurants au centre-ville qui ont fait le pari de braver les menaces terroristes lundi et mardi soir sont restés presque vides. «Les touristes ont quitté la ville», a constaté un patron.

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Sophie Sine, porte-parole de la Fédération des entreprises belges (FEB), organisation interprofessionnelle d’employeurs dans les trois régions linguistiques du pays, ne veut pas s’avancer sur l’ampleur de la catastrophe. « C’est trop tôt pour chiffrer les pertes, mais nous savons que les hôtels enregistrent des annulations à tour de bras, y compris pour la période de fin d’année et pour début 2016 », dit-elle. En revanche, elle estime que les achats n’ont certes pas eu lieu le weekend dernier, mais ils ont surement été différés.  Selon ses informations, un grand nombre d’entreprises, notamment dans le domaine des services, ont encouragé le télétravail lundi et mardi. D’autres ont dirigé leur personnel vers des filiales se trouvant hors de la capitale où le niveau d’alerte 3 est en vigueur.

Même si ce n’est pas l’heure du bilan, certaines organisations patronales estiment que l’Etat devrait envisager une certaine forme de compensation. Pour sa part, Comeos, un groupement des commerçants, souhaite plutôt une meilleure concertation avec l’Etat pour fixer des règles pour l’avenir.

La FEB qui représente 50 000 entreprises et 75% de l’emploi en Belgique, est aussi inquiète pour l’avenir.  « Dès la fin du « Brussels Lockdown », les organismes spécialisés de l’Etat doivent prendre des initiatives pour changer l’image de Bruxelles, explique Sophie Sine. Elles doivent viser tant les investisseurs que les touristes. » Dans l’immédiat, la FEB et d’autres acteurs de l’économie, ne souhaitent qu’une chose : la fin de la menace terroriste qui paralyse la capitale européenne.

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