Dans le rapport commandé par le gGouvernement allemand, la Bundesbank estime que l'introduction de l'euro au 1er janvier 1999 est «soutenable». Pourtant, elle exprime sa préoccupation concernant la santé des finances publiques de la Belgique et de l'Italie, qui feront partie des 11 pays sélectionnés pour le premier tour. Les dettes de ces deux pays par rapport à leur produit intérieur brut (PIB) dépassent les 120%, alors que le Traité de Maastricht fixe la barre à 60%.

«Ces pays devront prendre des mesures convaincantes», a martelé Hans Tietmeyer, président de la Bundebank, lors d'une conférence de presse. Il faut que ces Etats prennent sur eux l'engagement de respecter le pacte de stabilité», qui prescrit la présentation d'un budget équilibré ou légèrement excédentaire. Pour l'instant, Hans Tietmeyer ne voit pas l'intensité des efforts souhaitée dans les plans présentés jusqu'ici.

La Bundesbank ne veut pas reprendre à son compte le jugement de la Commission sur le degré de convergence dans le domaine de la politique fiscale. M. Tietmeyer a fait comprendre que la décision de faire participer 11 candidats dès le lancement de la monnaie unique, était avant tout d'ordre politique. «Nous ne nous sommes pas prononcés sur la participation des Etats, ni sur la stabilité dans la durée de leurs politiques fiscales. Nous n'avons que signalé les problèmes», a expliqué le patron de la Bundesbank.

Nécessité de mesures durables

La Banque centrale allemande estime que les «mesures budgétaires ponctuelles ne suffisent pas et qu'elles doivent être remplacées par des mesures durables». Plusieurs pays ont en

effet utilisé des mesures exceptionnelles pour réduire leur déficit de 1997, et le faire passer en dessous de la barre des 3% fixée par Maastricht. Le déficit budgétaire français «épuré» atteint ainsi 3,6% au lieu des 3% présentés, explique la Bundesbank, celui de l'Italie 3,7% au lieu de 2,7%. L'Allemagne s'est aussi rendue coupable de mesures cosmétiques, améliorant le résultat de son déficit de 0,2%. Theo Waigel, ministre des Finances, a expliqué qu'il s'agissait de ventes d'immobiliers, des opérations qu'effectue l'Eétat allemand depuis de nombreuses années.

Le grand argentier allemand a annoncé lors de cette conférence de presse que le gouvernement avait accepté le jour même à l'unanimité de soutenir la proposition de la Commission d'un euro à 11. Il a pourtant jugé que «la consolidation dans presque tous les pays de l'Union européenne, dont l'Allemagne, devrait se poursuivre de manière conséquente». Le Gouvernement allemand, a-t-il ajouté, «partage les soucis de l'Institut monétaire européen sur la durabilité de la consolidation dans certains pays» sans les nommer, estimant qu'ils avaient des «responsabilités très importantes».

Il s'est félicité qu'avec l'euro le modèle de stabilité allemand soit «maintenu et étendu». L'Allemagne, a-t-il souligné, a réussi à imposer de nouvelles conditions, telle la stricte application des critères de convergence, le siège de la Banque centrale européenne à Francfort et enfin le nom de la monnaie euro – la France désirait la dénomination écu.