Les estimations de déficit budgétaires présentées par l’Administration Obama lundi (LT 1.2) se basent sur des estimations très favorables sur l’emploi et la conjoncture (voir le graphique très évocateur publié par Calculated Risk). Or plus les hypothèses sont favorables et plus l’objectif de redressement des comptes sera difficile à satisfaire.

La croissance devrait, selon ces estimations, atteindre 3,8% l’année prochaine, 4,3% en 2012 et 4,2% en 2013. Une telle vigueur de l’économie devrait permettre au taux de chômage de baisser sensiblement puisque le taux de chômage tomberait de 10% cette année à 9,2% l’an prochain, 8,2% en 2012 et 7,3% en 2013.

Mais le sceptisme se propage sur le lien entre croissance et emploi. Comme l’a déclaré Larry Summers, conseiller de la Maison Blanche, lors du World Economic Forum, à Davos, la reprise économique est «une reprise statistique mais une récession humaine». D’ailleurs la récente publication d’une hausse du PIB de 5,7% n’empêche pas la poursuite des suppressions nettes d’emplois.

C’est la pire récession de l’emploi depuis la deuxième guerre en pourcentage et la deuxième plus forte selon le taux de chômage, selon le graphique également publié par Calculated Risk. La révision des chiffres de l’emploi américain, attendue pour vendredi prochain, devrait encore assombrir le tableau. On attend une révision des suppressions d’emplois à la hausse qui atteindrait 824 000.