Horlogerie

Bulgari «protège» ses détaillants suisses du franc fort

La marque de LVMH propose à treize revendeurs de compenser les effets de change, suite à l’envolée du franc

Pour les 13 détaillants de Bulgari en Suisse, le taux plancher perdure. A la différence près que leur Banque nationale suisse à eux, c’est la marque en mains du groupe LVMH.

Bulgari Horlogerie a décidé de les «protéger de la réévaluation du franc, afin de leur permettre de préserver leurs ventes et leurs marges, dans un contexte de marché déjà tendu et à quelques semaines de l’arrivée massive des touristes chinois dans le cadre du Nouvel An chinois, en février», expose le patron Jean-Christophe Babin, dans un communiqué diffusé mercredi.

Pour les montres déjà achetées par les détaillants, Bulgari leur donne, sous forme de note de crédit, la différence entre 1,20 et le nouveau taux du jour, sur la base du prix facturé au client final. «Si un Chinois arrive à Lucerne et achète un modèle Octo à 10 000 francs, donc 10 000 euros, le détaillant peut la lui vendre à 8000 francs. Nous remboursons la différence», illustre le patron de la marque, que nous avons contacté par e-mail.

Pour les nouveaux achats des détaillants, ajoute-t-il, un rabais leur est aussi octroyé, «à condition bien sûr d’avoir la certitude que celui-ci est répercuté sur le prix de vente au consommateur final».

La mesure est valable durant trois mois. «Pour les clients étrangers, l’avantage d’acheter à Lucerne, Interlaken, Zurich ou Genève reste donc inchangé, par rapport aux autres villes européennes, écrit encore Jean-Christophe Babin. Pour les résidents suisses, la tentation d’aller acheter en France ou Allemagne voisine n’a plus lieu d’être.»

Les autres horlogers vont-ils s’aligner? Jean-Christophe Babin ne serait pas surpris. Pour l’heure en tout cas, au salon international de la haute horlogerie (SIHH), la perspective de baisser les prix en Suisse pour compenser la hausse du franc ne semble pas faire l’unanimité.

Si Bulgari Horlogerie consent à «sacrifier un peu de marge à court terme», c’est pour préserver une compétitivité-prix en Suisse qui est une des raisons majeures des tours opérateurs asiatiques pour placer le pays sur l’itinéraire européen de leurs touristes», conclut le communiqué.

Bulgari ne précise pas la part de son chiffre d’affaires réalisée en Suisse. Mais le marché local représente environ 5% des ventes de l’industrie horlogère suisse dans son ensemble, selon une estimation de la banque Vontobel.

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