Beat Lauber, responsable des journaux régionaux de la NZZ, l'affirmait au Temps le 21 juin: non, le groupe ne laissera pas tomber son quotidien bernois, le Bund, en difficulté financière. Il a tenu parole. La NZZ, via le Bund Verlag, et Espace Media Group, un des propriétaires de la Berner Zeitung (BZ), le concurrent du Bund, ont trouvé un accord qui sauvegarde l'indépendance du titre et met fin à une guerre économique féroce.

Espace Media va reprendre 40% du capital de Bund Verlag. Si la Commission de la concurrence autorise la transaction, les deux quotidiens conserveront leur rédaction propre. Par contre, un regroupement aura lieu sur le marché publicitaire avec la constitution, dès 2004, d'un pool commun d'annonces. Vingt-cinq emplois seront supprimés dans le secteur de l'édition. Dès mi-2005, le Bund sera produit dans le centre d'impression d'Espace Media et non plus dans celui de Bümpliz. Les syndicats appellent les éditeurs à étudier toutes les possibilités pour éviter les licenciements.

La solution telle qu'annoncée ressemble à celle préconisée depuis les années 1990 par le président de la Berner Zeitung, Charles de Graffenried. Il voulait regrouper les deux concurrents sous l'ombrelle d'Espace Media, avec une seule régie publicitaire et deux rédactions. La NZZ avait de bonnes raisons d'être réticente. En laissant le Bund passer dans le giron d'Espace Media, elle permettait à ce dernier et à Tamedia (l'autre propriétaire de la BZ) de constituer une position dominante dans le secteur publicitaire en Suisse alémanique.