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La Bundesliga s'appuie sur le Bayern Munich et le Borussia Dortmund pour grandir à l'international.
© Reuters

Football

En Bundesliga, le ballon change de camp

En Allemagne, les balles officielles ne seront plus des Adidas. L’équipementier va être remplacé par Derbystar, un spécialiste du handball qui va profiter de la conquête internationale dans laquelle s’est lancée la Bundesliga, la première ligue allemande

Adidas a cherché à calmer le jeu. Mais c’est bien un petit événement dans le milieu allemand du ballon rond. En début de semaine dernière, la ligue allemande de football (Deutsche Fussball Liga) a annoncé avoir mis fin à son partenariat avec l’équipementier historique.

A partir de la saison 2018-2019, les ballons des matches de Bundesliga n’arboreront plus les trois bandes légendaires. En lieu et place, les Lewandowski, Aubameyang et autres Arjen Robben courront derrière un Derbystar. L’accord court pour quatre saisons et comprend aussi les matches de deuxième division. La somme engagée par Derbystar n’a pas été dévoilée.

Le Calcio des années 1990

Derbystar? C’est une marque allemande devenue propriété de la société danoise Select Sport en 1991. Ses ballons sont surtout connus dans le milieu du handball, dont les Allemands sont également friands. Select Sport, pour sa part, s’est fait un nom dans le football depuis les années 1970 en étant l’un des premiers à fabriquer des balles en matière synthétique.

Il connaîtra ses heures de gloire en étant le fournisseur du Calcio dans les années 1980 et 1990, alors que les cadors du championnat italien dominaient le football européen. Aujourd’hui, ses ballons sont disputés sur des terrains un peu moins exposés à l’international, en Belgique et au Danemark notamment.

Peu connue sous nos latitudes, Derbystar ne fait pas non plus ses premiers pas sur le rectangle vert. Elle fournit par exemple déjà les ballons de l’Eredivisie, le championnat des Pays-Bas. La marque faisait également partie des ceux qui, depuis les années 1970, équipaient les clubs allemands individuellement, avant qu’un contrat national ne soit introduit en 2010. Un premier contrat collectif qui avait alors été remporté par… Adidas.

Lire aussi: Le Bayern va-t-il tuer la Bundesliga?

«Nous avons doublé notre chiffre d’affaires depuis 2010 et cette présence en Bundesliga va encore nous aider à nous renforcer», a déclaré Joachim Böhmer, l’un des responsables de Derbystar. C’est qu’en s’invitant sur les terrains allemands, la marque ne va pas seulement bénéficier de la popularité domestique de la Bundesliga – plus de 40 000 spectateurs par match en moyenne. Soit environ 13 millions par saison. Elle va aussi profiter de la notoriété grandissante des équipes allemandes sur le plan international.

A la conquête de la Chine

Sur les pas de la Premier League anglaise, et en s’appuyant sur la réputation du Bayern Munich et du Borussia Dortmund, la Bundesliga s’est lancée dans la conquête d’une audience internationale depuis quelques années. La ligue a généré la saison dernière un chiffre d’affaires de 3,24 milliards d’euros (environ 3,5 milliards de francs), en hausse de 24%. Un record absolu. Treize des dix-huit clubs de première division gagnent désormais plus de 100 millions d’euros par an. Leurs revenus d’images devraient encore augmenter, avec la signature d’un nouveau contrat domestique.

Par ailleurs, Deutsche Fußball Liga est sur le point de signer avec Suning. Le géant chinois de l’électronique, propriétaire des services de streaming PPTV, déboursera 250 millions de dollars (environ 248 millions de francs) pour diffuser les matches allemands en Chine pendant cinq saisons

Lire aussi: Lorsque la Chine s’éveillera, la FIFA sera prête

C’est donc une exposition dans l’un des marchés footballistiques les plus prometteurs que s’est offert Derbystar. Pékin a prévu de faire croître son industrie du sport jusqu’à hauteur de 830 milliards de dollars en 2025. Et selon le cabinet Nielsen, un tiers des 750 millions de Chinois urbains s’intéressent au football.

Interpellé par les médias allemands sur la fin de son contrat, un porte-parole d’Adidas a répondu que cela correspond de toute façon à la volonté de l’équipementier de se concentrer sur les compétitions internationales, comme la Ligue des Champions ou la Coupe du Monde. L’an dernier, le groupe a généré un chiffre d’affaires de près de 20 milliards d’euros. Dont 3 milliards sur le seul marché chinois.

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