Le parlement allemand, le Bundestag, a encore serré la vis aux chômeurs de longue durée, jeudi soir, en acceptant toute une série de mesures de contrôle et de sanctions dans la loi dite «Hartz IV». Ainsi, dès le premier refus d'accepter un emploi «convenable», un chômeur de longue durée verra ses indemnités réduites et pourrait même les perdre totalement au troisième refus.

Le durcissement de la loi est motivé par la forte augmentation des coûts du chômage de longue durée (+15%). Ce que dément le ministre du Travail et des affaires sociales, Franz Müntefering, qui estime maîtriser la situation avec un total de dépenses de 2,25 milliards par mois. Toujours est-il que le gouvernement veut récupérer 500 millions d'euros cette année et 1,5 milliard l'an prochain. Dans une première loi, la coalition avait déjà exigé que les parents prennent à leur charge l'hébergement de leurs enfants au chômage jusqu'à 25 ans. Ceux-ci risquent déjà la suppression des indemnités au premier refus d'embauche.

Malgré les critiques de la nouvelle gauche (Linksfraktion), qui dénonce une «nouvelle action nuit et brouillard», les députés de la grande coalition ont adopté d'autres mesures très sévères. Ainsi, après un premier refus d'emploi, le chômeur verra non seulement ses indemnités (345 euros), mais aussi ses frais de loyer et de chauffage, amputés d'un tiers. Et complètement supprimés au troisième refus.

Par ailleurs, malgré les protestations de ses alliés du SPD, la chancelière Angela Merkel a annoncé une remise à plat de toute la loi Hartz IV. Elle fera des propositions d'ici à cet automne.