IPO

Burckhardt entre en Bourse malgré les turbulences sur les marchés

Troisième producteur mondial de compresseurs à piston pour le gaz pétrochimique et industriel, l'ancienne division de Sulzer veut lever de 219 à 261 millions de francs le 26 juin.

Salle comble mercredi lors de l'ouverture de la souscription des actions de Burckhardt Compression, la quatrième entrée à la Bourse suisse de cette année annoncée pour le 26 juin. Rachetée par son management en 2002, cette ancienne division de Sulzer occupe le troisième rang mondial des producteurs de compresseurs à piston. Elle a attiré un large éventail d'investisseurs en dévoilant les détails de son IPO.

Burckhardt, sise à Winterthour où se trouve son site de production le plus important, espère lever entre 219 et 261 millions de francs, selon que le prix d'émission des 2664065 actions offertes au public sera fixé entre 82 et 98 francs le 23 juin. La société d'investissement Zurmont Capital se sépare entièrement de sa participation, soit 74,7% du capital-actions, tandis que le management cède 3,6% du capital dont il ne possédera plus que 20,9% après l'entrée à la Bourse, le reste étant tenu par les employés. Le ratio entre la valorisation boursière et le bénéfice net 2005 s'élèverait à 15,07 francs dans la plus haute fourchette.

«Nous voulons augmenter nos prestations dans le service de maintenance et les pièces de rechanges», indique le directeur de Burckhardt, Valentin Vogt, en visant ici une croissance organique de 5% par an. «Nous allons aussi procéder à quelques petites acquisitions de producteurs de composants de compresseurs qui devraient augmenter nos ventes de 40 millions d'ici à 2011», dit-il. Burckhardt attend une marge du bénéfice opérationnel EBIT de l'ordre de 10 à 15% par an, «ce qui nous place bien au-dessus de la profitabilité des autres acteurs de la branche».

Le segment du transport et du stockage du gaz est très prometteur. Ce premier domaine d'activité de Burckhardt devrait augmenter de 8% par année pour les trois à cinq prochaines années, poussé par la demande. Les normes antipollution émises pour protéger l'environnement favorisent aussi l'emploi du gaz. La société suisse envisage de profiter d'une croissance de 5 à 8% par an dans la pétrochimie et la chimie, le deuxième champ d'application de ses compresseurs. Ici, Burckhardt constate une augmentation de la demande de polyoléfine, une matière employée dans la production de plastiques. L'entreprise attend une stabilisation du marché du gaz industriel, qui trouve des applications entre autres dans la production d'acier et de verre.

La société indique qu'elle occupe 11% du marché des compresseurs à piston estimé à 1,4 milliard en 2004. Ses concurrents directs sont l'américain Dresser-Rand (29%) et Nuovo Pignone de General Electric (15%).

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