Depuis l'automne 2007, les candidats à l'entrée en bourse se font rares. Seuls la société de participations HBM Bioventures et le groupe d'hôtellerie Orascom ont osé se lancer dans l'aventure cette année. Jeudi, le groupe zurichois Burkhalter, leader sur le marché helvétique de l'électronique pour bâtiments, a dévoilé son intention d'entrer sur le segment principal de la bourse suisse «dans les prochaines semaines». L'opération, «supervisée par la Banque cantonale de Zurich», aura lieu «si les conditions des marchés financiers le permettent», précise le groupe.

La société, qui emploie quelque 2760 collaborateurs, placera dans le public des nouvelles actions émises dans le cadre d'une augmentation de capital. «Les anciens actionnaires ne céderont pas leurs titres, sauf de rares exceptions», souligne Marco Syfrig, qui a repris les rênes de Burkhalter en janvier dernier. Le projet d'IPO («Initial public offering») n'est pas entièrement une surprise. En novembre dernier, Gaudenz Domenig, président de Burkhalter, indiquait déjà que le groupe se préparait à une possible entrée en bourse «dès la mi-2008». Peu avant, en juillet 2007, Burkhalter avait interrompu les négociations avec le géant français Bouygues, faute d'accord sur un prix de vente.

Fondé en 1959 à Zurich, Burkhalter a été acquis en 1987 par le groupe Zellweger-Luwa, avant de redevenir indépendant en 1997, suite à un rachat de la société par ses propres cadres. Près de 40% de son capital appartient aujourd'hui aux employés.

Un marché très fragmenté

Les montants levés grâce à l'IPO serviront à rembourser les dettes bancaires du groupe et à financer son expansion. «Nous envisageons de densifier régulièrement notre réseau suisse par le biais d'acquisitions ciblées», indique Marco Syfrig. Pas question toutefois de remettre en question le modèle décentralisé du groupe, qui compte 36 sociétés largement autonomes. En Suisse romande, ses principales filiales sont en particulier Sedelec, présente à Genève, Vaud, Neuchâtel et dans le Valais. Burkhalter veut continuer à gagner du terrain sur le marché encore très fragmenté des installations d'équipements électriques en Suisse. «Même en tant que leader, nos parts de marché n'atteignent qu'entre 9 et 10%», explique Marco Syfrig. Ses principaux concurrents sont Etavis, contrôlé par le groupe français Vinci, et Atel Installationstechnik. Les parts de marché cumulées de ces trois entreprises ne dépassent pas les 20%.

Si les ventes de Burkhalter ont reculé l'an dernier à 409,5 millions de francs (412 millions en 2006), le groupe a en revanche amélioré son bénéfice à 11,37 millions (8,33 millions). Ses commandes ont aussi progressé à 437,1 millions en 2007 (425,75 millions).

Burkhalter pourrait-il tenter sa chance à l'étranger? «Nous n'envisageons pas de franchir un tel pas», rétorque Marco Syfrig.