Liquidité

Ce que cache la taille des ETF

Le seul volume d’un ETF (fonds indiciels côtés) est une indication beaucoup plus modeste qu’on le croit. Il faut analyser à la fois la fortune sous gestion et le nombre de parts émises pour déterminer si la croissance de la fortune d’un ETF dépend des mouvements du marché ou des achats de parts

La fortune gérée d’un ETF correspond au niveau du montant qui est géré par un fonds. Ce chiffre est évidemment variable, selon deux facteurs: les modifications quotidiennes de la cote et le montant net résultant des parts créées et des parts reprises. La fortune gérée et les parts distribuées de chaque ETF sont publiées tous les jours et disponibles à tous les investisseurs par le biais de diverses sources. Les mouvements du marché et les activités de création et de remboursement modifient quotidiennement le niveau de la fortune gérée.

Le volume effectif de transactions d’un ETF n’a pas de répercussion directe sur la fortune sous gestion. Un jour, un ETF peut négocier une quantité de parts mais, si ce négoce n’entraîne ni création ni remboursement net, la fortune gérée peut demeurer constante.

Plusieurs scénarios

Si par exemple un fonds souverain achète de grosses portions d’ETF à un fournisseur de liquidités qui vend l’ETF au client et achète le panier sous-jacent pour couvrir sa position, le fournisseur dépose un ordre d’achat dans l’ETF. Cela se répercute par une augmentation de la fortune et des parts émises.

Prenons un autre cas: un client s’intéresse à un investissement élevé dans un nouvel ETF qui ne dispose que d’une fortune de 50 millions de dollars pour l’instant. Le client voudrait procéder à un investissement de 50 millions de dollars et hésite à détenir l’entier du fonds. Il s’accorde sur la transaction avec un participant autorisé. Celui-ci achète le panier sous-jacent au cours de clôture et dépose un ordre de création de 50 millions de dollars. Au terme de la transaction, le client ne possède pas 100% mais seulement 50% du fonds, car la création a entraîné son doublement.

Marché primaire et marché secondaire

Ces exemples mettent en évidence quelques points importants. Lorsque des parts sont acquises sur le marché secondaire, cela ne se répercute pas obligatoirement sur le nombre de parts émises dans un fonds ou sur sa fortune gérée. Sans création ou remboursement, la fortune sous gestion ou les parts de fonds émises ne changent pas. Cet aspect met en évidence la différence entre les activités sur le marché secondaire (en bourse) et sur le marché primaire (par le processus de création et remboursement).

Les créations et remboursements se répercutent directement sur les parts manquantes et sur la fortune sous gestion, mais pas sur le volume de transactions. Si un processus est en cours avec un participant autorisé qui ne passe pas par la comptabilité centrale, la transaction ne se répercute pas sur le volume de transactions. Mais s’il y a une création qui transite par le compte d’un participant autorisé et que le prix au client est différent de la valeur d’inventaire nette, l’ordre est enregistré sur ce qu’on appelle le «tape».

Volume de transactions et fortune

Le volume de transactions n’est pas toujours un indicateur de la croissance de la fortune d’un ETF. Bien des ETF considérés comme moyens de transaction peuvent être négociés dans un sens et l’autre sur le marché secondaire, sans susciter le moindre changement pour la première émission.

La fortune sous gestion et les parts manquantes peuvent très fortement varier d’un jour à l’autre. Cela se voit de façon évidente avec les nouveaux ETF, car ceux-ci sont en général lancés par un seul achat de parts. En quelques jours, la fortune sous gestion et les parts manquantes peuvent être doublées par une nouvelle création. Cela est aussi rendu possible à un autre moment du cycle de vie d’un fonds et n’est qu’une fonction de la liquidité de l’ETF sous-jacent. Cela peut se produire de la même façon, mais dans le sens inverse, par le biais d’un processus de remboursement.

Jamais de «gate»

Avec les ETF, la fortune n’est pas liée. De ce fait, la position d’un client est liquide jour après jour. Au fond, la structure consiste à parier qu’au fil du temps la transparence et la flexibilité entraîneront une fortune plus élevée, sans besoin de limiter une quantité fixe de parts émises ou de reprise de fortune. L’abandon d’une position ETF par le biais d’un ordre de reprise des parts sous-jacentes est aussi aisé que la construction d’une position.

On n’a encore jamais vu une situation dans laquelle l’investisseur n’a pas été en mesure de restituer des parts à un ETF sur un certain laps de temps, à la différence des hedge funds dans les années 2008 et 2009. Lorsqu’un marché précis, telle l’Egypte durant la révolution, demeure fermé, les ETF qui répliquaient de tels titres ont dû geler tant les achats que les reprises aussi longtemps que les marchés étaient fermés. Mais l’ETF restait négocié en bourse et les investisseurs ont pu adapter leur position au sein de l’ETF selon leurs besoins.

Il faut analyser à la fois la fortune sous gestion et le nombre de parts émises pour déterminer si la croissance de la fortune d’un ETF dépend des mouvements du marché ou des achats de parts. La fortune sous gestion fournit un instantané en un temps précis mais pas une image globale.


Sur le même sujet:

Publicité