horlogerie

Le cadranier Fehr se dote d’une nouvelle usine

L’entreprise construit un nouveau site de production aux Eplatures, à La Chaux-de-Fonds. La société indépendante regroupe ses activités

Fehr + Cie, entreprise active dans la conception, le développement et la fabrication de cadrans pour le moyen et haut de gamme horloger, va regrouper et développer sa production sur un site unique dans la zone industrielle des Eplatures, à La Chaux-de-Fonds. Pour ce faire, la société indépendante va investir un peu plus de 15 millions de francs, a-t-elle annoncé lundi. «Les travaux viennent de débuter ce lundi et il est prévu qu’ils soient finalisés en juillet 2014. Cela fait 90 ans que nous sommes à La Chaux-de-Fonds. Malgré l’appel du pied d’autres communes, nous souhaitions y rester», explique Patrice Luthi, directeur général de la société, fondée en 1924.

La nouvelle usine permettra de regrouper les diverses activités de la société, réparties pour l’heure sur deux sites. La société Technofrap, acquise en 2007 et active dans les frappes pour cadrans et appliques, sera aussi intégrée. La production de Fehr + Cie dépasse les 200 000 cadrans par an et la PME livre un bon nombre de marques horlogères suisses et européennes de renom, dont l’identité n’a pas été révélée.

Malgré un agrandissement de son siège principal en 2003, l’entreprise en mains d’un fonds helvético-koweïtien depuis plus de 20 ans se sentait à l’étroit. «Nous avons intégré de nombreuses nouvelles compétences, notamment dans le vernissage et le laquage. Il nous fallait plus de place», poursuit Patrice Luthi, qui parle d’une importante décision stratégique.

Cette extension pourrait à terme déboucher sur la création de nouveaux emplois, même si aucun détail n’a transparu. Pour l’heure, l’entreprise compte 105 collaborateurs, avec Technofrap. Et ce n’est peut-être pas tout. Une extension du site pourrait être envisagée au cours des trois prochaines années, sur une parcelle contiguë de 8000 m2 qui a déjà été réservée, détaille le patron.

L’usine en construction s’installera sur une parcelle de 7000 m2 (5000 m2 pour le bâtiment) et comprendra trois étages, dont deux niveaux dédiés entièrement à la production. L’objectif consiste à optimiser les processus de production, à améliorer les performances de l’entreprise et à faire face à une croissance de sa clientèle. La construction a été confiée à l’entreprise générale Losinger Marazzi. Les Eplatures comptent déjà de nombreux horlogers, tels que Cartier, Greubel Forsey, Patek Philippe ou encore Jaquet Droz. «Notre bâtiment sera assez contemporain, sans être ostentatoire. Nous restons des fournisseurs de la branche», selon Patrice Luthi.

Fehr + Cie entend bien demeurer indépendant. «Il n’est en aucun cas question d’une vente dans les quelques années qui viennent», assure le patron. De nombreux sous-traitants horlogers se sont fait racheter ces dernières années. Notamment par les grands groupes, soucieux de verticaliser toujours davantage leur production, comme celle des cadrans. Ainsi, Hermès a acquis la manufacture Natéber, spécialisée dans les cadrans haut de gamme. Louis Vuitton, la marque phare du groupe LVMH, a annoncé il y a un peu plus d’une année le rachat de Léman Cadrans. Au début du millénaire, le groupe de luxe Richemont s’était emparé du groupe Stern, détenu auparavant par la holding Orior (Pargesa). Patrice Luthi s’attend à ce que ce phénomène de concentration se poursuive.

Alors que les exportations horlogères ont nettement ralenti depuis six mois, Fehr + Cie constate également un léger ralentissement des activités. Qui s’explique notamment par un Baselworld tardif cette année. Ce qui a généré un peu de retenue de la part des clients. «A mon avis, tout va se résorber et rentrer dans l’ordre en septembre», d’après Patrice Luthi.

«Il n’est en aucun cas question d’une vente dans les quelques années qui viennent», selon le patron

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