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Des cadres de BASF contrôlent les produits.
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Vos finances

Comment les cadres peuvent améliorer leur retraite

Les cadres sont pénalisés par le faible taux de conversion pour la partie surobligatoire, mais en créant une caisse spécifique, ils peuvent par exemple accroître leur taux de cotisation et définir une stratégie propre

«Les caisses de cadres sont peu utilisées parce que largement méconnues, mais le cadre peut sensiblement améliorer sa prévoyance en cotisant davantage à travers un plan de prévoyance spécifique», explique Roland Bron, directeur de VZ Suisse romande.

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La caisse de cadres, avec le choix de la stratégie de placement, est possible à partir de 126 900 francs de salaire annuel. Grâce à elle, non seulement les cadres améliorent leur prévoyance vieillesse avec une solution qui leur est dédiée et adaptée à leurs besoins, mais ils réalisent des économies fiscales et se protègent aussi contre une redistribution non souhaitée de leurs avoirs au profit d’autres assurés.

Augmenter le taux de cotisation

Reprenons chacun de ces points et en premier le gain sur la retraite, à travers un exemple, afin de montrer la hausse potentielle de l’avoir de vieillesse du cadre. Imaginons un cadre de 52 ans dont le salaire AVS atteint 280 000 francs. Actuellement il ne peut cotiser qu’à un taux de 15% du salaire assuré pour le deuxième pilier, soit sur un montant de 125 000 francs. Mais avec une caisse de cadre il pourrait accroître ce taux par exemple à 17,21 ou 25%. Si le salaire assuré grimpe à 255 000 francs et le taux de cotisation à 25%, ses cotisations passent de 19 000 à 64 000 francs par an. L’avoir de vieillesse maximum passe de 430 000 à 1,6 million de francs.

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Son potentiel de rachat s’accroît fortement. Il peut verser 1,1 million de francs de plus que précédemment et déduire ce montant du revenu imposable. Le gain fiscal n’est pas mince. Avec un rachat de 30 000 francs, il économise 12 000 francs d’impôt sur le revenu (si le taux marginal est de 40%), selon VZ. S’il perçoit le capital au moment de la retraite, il paie 5000 francs sur les prestations en capital. Le rendement net de ce placement s’élève donc à 7000 francs (hors revenu des placements).

Un taux de conversion pénalisant

L’effet de redistribution mérite d’être expliqué. En effet, le taux de conversion (le taux auquel l’avoir de vieillesse est converti en rente) est plus élevé pour la partie obligatoire (salaire jusqu’à 84 600 francs) que pour la partie surobligatoire (au-dessus de 84 600 francs). Les hauts salaires sont donc pénalisés par un taux plus bas que la moyenne. Aujourd’hui, avant la votation sur la réforme Prévoyance 2020, qui prévoit une baisse du taux de conversion de 6,8 à 6%, le taux effectif est souvent très inférieur au taux de 6%. Il se situe plus fréquemment entre 5 et 5,5% en raison du taux très bas appliqué à la partie surobligatoire.

Si la réforme Prévoyance 2020 est acceptée le 24 septembre, les cadres pourraient bénéficier d’une réduction de l’effet de redistribution à travers les taux de conversion différents entre les parts obligatoire et surobligatoire, indique Roland Bron. Mais en soi, le projet n’aura pas d’impact direct sur les cadres. Sous l’angle réglementaire, le seul changement récent a porté sur le nombre de stratégies de placement disponibles pour les cadres, lequel a été porté à dix.

Les principaux acteurs qui offrent des solutions pour les cadres sont PensExpert, Liberty, Gemini, VZ et Swiss Life.

Une prime de risque invalidité trop élevée

Les cadres sont pénalisés aussi sur un deuxième point: les caisses de pension utilisent des primes de risque trop élevées pour financer non seulement les risques d’invalidité et de décès, mais aussi le risque de longévité (donc une espérance de vie toujours plus longue), indique Roland Bron. Les taux d’invalidité et de décès des cadres sont en effet plus bas que pour les autres assurés. Il en résulte que les actifs financent partiellement les retraités.

Un plan de prévoyance cadres attrayant permet donc à l’employeur de réduire les coûts de la prévoyance professionnelle, en réduisant les primes de risque. L’établissement d’une caisse de cadres réduit les primes de risque en moyenne de 25% meilleur marché.

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Enfin, les attentes des assurés envers leur caisse de pension évoluent selon l’âge et la fortune. Or, les caisses de pension ne peuvent pas satisfaire tous les besoins, notamment en termes d’investissement, selon VZ. Une prévoyance cadres de type 1e permet aux collaborateurs gagnant plus de 126 900 francs par an de choisir eux-mêmes la stratégie de placement pour la part supérieure de leur salaire. Les stratégies s’étendent du compte à intérêts à une part d’actions de 50% si la capacité de risque de l’assuré le permet. Le résultat du placement est entièrement crédité à l’assuré concerné.

Comme une caisse de cadres se traduit par le transfert du risque de marché sur les cadres assurés, on peut exclure le risque de sous-couverture de l’institut de prévoyance et on fidélise durablement les cadres qualifiés.

Certes, l’assuré doit alors supporter lui-même le risque de marché. C’est peut-être un inconvénient en cas de rendement négatif. Toutefois, ces dernières années ont été favorables aux actions comme aux obligations. Le rendement de l’indice Pictet LPP 25 (25% en actions) ou de l’indice Pictet LPP 40 (40% en actions), des références pour la gestion d’actifs de prévoyance, a été supérieur au taux d’intérêt minimum LPP. Or c’est ce dernier qui rémunère les avoirs de la part obligatoire.

De plus, l’entreprise réalise une autre économie. La caisse de cadres évite le risque de provision résultant de la mobilité des employés, selon Roland Bron. Grâce à un changement législatif, les caisses de pension ne seront plus tenues de constituer des provisions pour assurer une moins-value en cas de résiliation du contrat d’un assuré. Ainsi, tout assuré qui quitte sa caisse de pension emporte son avoir effectif, même si la stratégie de placement qu’il a choisie a suscité des pertes. 

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