salaires

Les cadres supérieurs les mieux payés gagnent toujours plus

Les écarts de salaires ont augmenté l’an dernier dans les emplois les plus qualifiés. La rémunération des top managers a connu une forte hausse notamment dans le secteur financier. La valeur moyenne des bonus ne cesse de progresser. La part des emplois à bas salaire recule

Le salaire médian brut s’est élevé à 5823 francs en 2008, selon l’enquête présentée mardi par l’Office fédéral de la statistique (OFS). Cette notion théorique signifie que la moitié des employés ont reçu davantage que 5823 francs, l’autre moitié moins.

La hausse, qui a atteint 2,6% depuis le dernier relevé en 2006, est moins forte que le renchérissement de 3,2% intervenu depuis. Pour beaucoup d’employés, le salaire réel a donc reculé. Mais tous ne sont pas logés à la même enseigne et les écarts se sont même creusés.

Banquiers en tête

Le niveau de rémunération est nettement supérieur au salaire médian dans les banques (9127 francs), la recherche (8061 francs) et la chimie (7774 francs). Au bas de l’échelle salariale, on trouve les services personnels (coiffure, cosmétique, par exemple), avec 3683 francs.

Sur l’ensemble des branches, les top managers (définis comme les 10% de cadres supérieurs les mieux payés) gagnent tous plus que 23’942 francs bruts par mois. Les mieux lotis sont les banquiers, avec 58’333 francs mensuels, les cadres des services financiers et assurances (47’469 francs) et ceux de la chimie (38’073 francs).

Les dirigeants les moins bien payés se trouvent dans l’hôtellerie-restauration (9965 francs) et la construction (13’585 francs). «Il sera intéressant de voir comment la crise financière se reflète sur ces écarts salariaux lors de la prochaine enquête en 2010», a commenté le chef du Travail au secrétariat d’Etat à l’économie Serge Gaillard.

La part des bonus dans la masse salariale n’a cessé d’augmenter et plus d’un travailleur sur quatre en touche désormais. La valeur moyenne de ce versement pour une année de travail atteint désormais 13’068 francs, soit près du double d’il y a dix ans.

Working poors

Entre 2006 et 2008, la part de personnes touchant des salaires inférieurs à 3500 francs bruts par mois pour un plein temps a baissé, passant de 6,2% à 5,4%. Quelque 138’900 emplois sont concernés.

Mais si l’on considère les temps partiels, on peut dire que 400’000 personnes doivent vivre comme des working poors, a précisé Daniel Lampart de l’Union syndicale suisse. En outre, 12,4% des emplois sont rémunérés à raison de moins de 4000 francs par mois.

«Nous avons besoin aussi d’un secteur à basse rémunération afin d’intégrer les personnes présentant des déficits de qualification ou de prestations dans le monde professionnel», a jugé pour sa part le directeur de l’Union patronale Thomas Daum.

Travailleurs étrangers

L’enquête sur la structure des salaires permet de conclure que la libre circulation des personnes n’a pas produit le dumping salarial que d’aucuns craignaient, selon Serge Gaillard.

Les salariés étrangers occupant les emplois les plus qualifiés gagnent même mieux que leurs collègues suisses, environ 1000 francs par mois. En revanche, pour les postes peu qualifiés, les rémunérations des Suisses sont systématiquement plus élevées que celle des étrangers.

Femmes discriminés

Après une phase d’amélioration, les écarts entre hommes et femmes se sont à nouveau creusés, a relevé Daniel Lampart. La différence de salaires atteint 19,3%. Une partie s’explique par des facteurs telles que l’âge, la formation ou le niveau hiérarchique. La part discriminatoire ou non explicable atteint tout de même 38,6%.

Autre facteur de disparité, le lieu de travail. En substance, pour gagner plus, il vaut mieux habiter dans la région de Zurich ou du Nord-Ouest (BS, BL, AG) qu’au Tessin. La région lémanique s’inscrit dans la moyenne.

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