Crowdfunding

Du café en guise de dividendes

Le bar à café lausannois Sleepy Bear veut lever au moins 100 000 francs grâce au financement participatif

Au 3A de la Rue du Simplon à Lausanne, la boucherie Getch a fermé ses portes. Un barista a pris sa place. Le projet de Sheil Kataria? Ouvrir le premier vrai «Coffee Shop» de la capitale vaudoise.

L’établissement, baptisé Sleepy Bear, doit encore être aménagé. Il devrait ouvrir ses portes entre juin et juillet. Mais son existence débute véritablement cette semaine. Ce vendredi, son propriétaire met en ligne un site internet qui servira aussi de plate-forme de financement participatif. «Je n’ai pas voulu utiliser Kickstarter ou d’autres plates-formes, parce que c’est un projet local qui sera essentiellement financé par des Lausannois», précise l’entrepreneur de 31 ans.

Une carte de fidélité

Sheil Kataria n’a même pas songé à recourir à un crédit bancaire. Car le crowdfunding, c’est aussi un moyen de communication, une façon de «créer une communauté de clients qui croient à cette idée, poursuit-il. Le succès de la levée de fonds me permettra aussi de confirmer la viabilité du projet».

A l’instar de la fondatrice de Tacave, Sheil Kataria offrira des cafés à vie à ceux qui financeront son projet. Mais à la différence des habitués du bar à vin lausannois, «les clients ne vont consommer qu’un café, ils vont rester moins longtemps qu’ils ne le font pour un apéro». Le système de «dividendes» est donc échelonné. Celui ou celle qui verse 100 francs se verra offrir un café sur cinq. Celui qui en verse 200, un café sur quatre. Et celui qui participe à hauteur de 300 francs se verra offrir un tiers de ses cafés.

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Sur le principe des stocks disponibles, utilisé notamment par Qoqa.ch, environ 600 cartes de fidélité seront ainsi distribuées. L’objectif est de lever 100 000 francs. Une somme qui permettrait à Sheil Kataria d’acquérir une machine à café professionnelle et de se constituer un «filet de sécurité».

«Pas un outil pour tenir la journée»

Car si son modèle d’affaire mise sur le succès du crowdfunding, le créneau caféiné de Sleepy Bear est déjà très occupé. La concurrence est installée. Starbucks en est la plus évidente incarnation. «Je ne considère pas leurs cafés comme du café», rétorque celui qui, en 2013, a déjà lancé une autre société, Vega Boards, qui fabrique des skateboards en bois aux allures de surfs des années 70. «Sleepy Bear se destine aux passionnés de café, à ceux qui ne considèrent pas cette boisson comme un outil pour tenir la journée».

Pour son approvisionnement et sa communication, Sheil Kataria s’est rendu, caméra au poing, en Ethiopie, auprès des producteurs. «L’idée est de faire découvrir le café, son itinéraire, sa provenance», conclut-il. Un artisan proche de ses clients: Sleepy Bear veut être au café ce qu’un boucher est à la viande.

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