Depuis les années 1990, la migration des gestionnaires traditionnels vers l'industrie alternative n'a cessé de s'intensifier, sans qu'ils aient jamais reçu de formation spécifique. Surfant sur cette déferlante, la Chartered Alternative Investment Analyst Association, émanation d'organisations professionnelles du secteur, ambitionne de combler cette lacune. Pour se démarquer des diplômes généralistes (CFA) qui abordent la matière de manière plus allusive, elle a lancé son propre certificat en 2002, le CAIA, dédié aux seuls actifs de l'alternatif.

«Par alternatif, nous entendons tout ce qui se situe en dehors de la gestion traditionnelle en actions et obligations (long only), et ceci du capital-risque en passant par les matières premières, les hedge funds ou l'immobilier», explique Craig Asche, le responsable de l'association. Le programme, mélange de recherche académique et de pratique, se déroule en deux niveaux, réclamant chacun 100 à 150 heures de travail personnel. Un prétendant motivé peut boucler le cursus en une année. Le taux de succès frise encore les 70% «mais il va baisser avec le rajeunissement progressif des candidats et l'inflation des connaissances requises», souligne Craig Asche

De 235 en 2003, le nombre des postulants, dotés d'au moins une année d'expérience, a progressé pour atteindre 2800 cette année (tous niveaux confondus), dont 1600 - 120 Suisses - sont inscrits à travers le monde pour la session de septembre. L'association des diplômés compte pour 562 membres, «dont 75 à 80 Suisses», explique Alexandre Rampa, gestionnaire de portefeuille chez 3A et diplômé du CAIA. «C'est la deuxième nationalité après les Américains.» Passer le CAIA, c'était pour lui avant tout prouver qu'il était «à la norme», obtenir une «reconnaissance outre-Atlantique» et renforcer son réseau. «Les membres ont la volonté d'entretenir le contact entre eux. L'association organise beaucoup d'événements.»

«Le CAIA est de plus en plus souvent mentionné dans les offres d'emploi», ajoute Louis Zanolin de Peak Partners, candidat au second niveau. Encore anecdotique, il devrait voir sa notoriété renforcée par la décision de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme américain des marchés, de l'adopter pour former ses employés.