La Caisse d'Epargne, symbole de sécurité pour des milliers de petits épargnants français, a annoncé vendredi avoir perdu 600 millions d'euros, à cause de risques inconsidérés pris par certains de ses traders. En cause, une équipe opérant sur les marchés de dérivés actions, pour le compte propre de l'institution, à son siège parisien.

Selon des sources internes citées par l'AFP, ces opérateurs n'auraient «pas respecté» certaines limites, en dépit des «instructions» qui leur avaient été données. Résultat: la banque a été obligée de solder ces positions excessives il y a dix jours, alors que la bourse de Paris connaissait la pire baisse de son histoire.

Dimanche, la banque a réuni un conseil extraordinaire pour décider du sort de ses dirigeants, alors que la classe politique - de tout bord - réclamait des sanctions. Au terme de celui-ci, les trois principaux dirigeants de la Caisse d'Epargne, dont le président Charles Milhaud, ont démissionné, a annoncé à l'AFP une source proche du dossier. Selon cette source, M. Milhaud serait remplacé par Bernard Comolet, le président de la Caisse d'Epargne d'Ile-de-France.

L'Ecureuil - surnom de l'institution - qui héberge le compte de près d'un Français sur deux, s'est empressé de rassurer ses 27 millions de clients, leur assurant que cette perte n'aurait «aucune conséquence» sur eux.