Commerce de détail

Les caisses automatiques, une source de stress

Le syndicat Unia pointe les conséquences néfastes des caisses automatiques sur les conditions de travail des employés du commerce de détail. Migros et Coop tempèrent

Les caisses automatiques auraient dégradé les conditions de travail des employés de Migros et Coop. Basée sur les témoignages de dix employés, l’étude de l’Université de Berne, commanditée par Unia et présentée jeudi à la presse, affirme que les vendeurs et vendeuses font face à un stress croissant. Le syndicat dénonce une formation inadéquate aux nouvelles tâches induites par le tournant numérique et en profite pour revendiquer des hausses de salaire, ainsi qu’une meilleure protection des employés.

Depuis l’introduction des systèmes automatiques, les tâches des employés se sont étendues à la surveillance et au contrôle. Les caissiers et caissières sont de moins en moins au service des gens, mais derrière leur épaule afin de surveiller qu’ils ne volent rien, déplore Unia.

Surmenées, les personnes interrogées déplorent une perte de contact humain et soulignent que les caisses automatiques incitent la clientèle à se montrer plus distante, voire carrément hostile, notamment lors des contrôles aléatoires. Les vendeuses, majoritaires, seraient ainsi régulièrement la cible de remarques dégradantes et sexistes.

Prudence chez les géants du secteur

Interrogée par le Temps, Coop affirme disposer de sa propre étude auprès de ses collaborateurs qui ferait état d’une réalité plus contrastée. L’entreprise s’engage néanmoins à examiner soigneusement les résultats publiés aujourd’hui, tout comme Migros, qui déclare «prendre très au sérieux sa responsabilité en tant qu’employeur et donc la protection de ses employés».

Si Migros et Coop se défendent d’avoir supprimé des postes suite à l’introduction de caisses automatiques, Anne Rubin, responsable du commerce de détail pour Unia, décèle une certaine tendance: des départs à la retraite non remplacés, des employés à temps partiel qui voient leur nombre d’heures diminuer. Impossible pour elle, cependant, d’avancer des chiffres concrets. «C’est un secret bien gardé», confie-t-elle.

Plébiscite des consommateurs

Bien que critiquées par certains, les caisses automatiques remportent un franc succès: 25 à 40% du chiffre d’affaires de Coop et Migros est réalisé par ce biais. Pour la Fédération romande des consommateurs, il est important de permettre aux clients de choisir entre les deux options, mais elle met en garde face à la surenchère de services qui sont de plus en plus laissés au soin du consommateur; la FRC serait ainsi contre une automatisation complète, à l’image des magasins sans personnel et sans caisse testés par Amazon à Seattle aux Etats-Unis.

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Pour rassurer face aux craintes de l’invasion des machines, Migros assure considérer le contact humain comme une plus-value. Alors que les syndicats critiquent le multitasking, Migros évoque la polyvalence croissante de ses caissières comme un progrès. Par ailleurs, la coopérative entend miser sur la valeur ajoutée de l’accueil pour faire face à la concurrence: «Nous avons besoin de plus en plus de personnel dans les rayons et ouvrons de nouveaux services à la coupe ainsi que des boulangeries maison.»

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