Les caisses de pension se présentent à fin septembre dans une situation aussi confortable qu'à la fin 2005, selon Benjamin Brandenberger, CEO de Complementa, lors de la présentation du «Check-up AWP/Complemeta», lequel représente 445 instituts, pour 1,68 million d'assurés. Le taux de couverture s'élevait à 104,7% si l'on prend la moyenne pondérée ou de 110% la médiane - qui compte autant d'instituts au-dessus de ce chiffre qu'en dessous.

Même les caisses de droit public, si souvent décriées, présentent des degrés de couverture honorables. Grâce à la bonne tenue des marchés financiers, le taux de couverture s'est accru de 2 à 2,5% depuis la fin juin, pour toutes les catégories d'instituts. A fin septembre, il est donc supérieur à son niveau de la fin 2001. La situation de la prévoyance est très satisfaisante, selon Oskar Leutwyler, directeur du conseil en prévoyance pour Swisscanto. En effet, une majorité de caisses de pension offre 75% du dernier salaire alors qu'à l'origine l'objectif était fixé à 60%.

Benjamin Brandenberger explique en outre que les caisses de pension avec primauté des contributions offrent 3 fois plus que les obligations de la LPP, les caisses avec primauté des prestations 5 fois plus.

Le pire serait de créer une caisse unique

Le CEO de Complementa en conclut que la création d'une caisse de pension unique serait la décision la plus antisociale que l'on puisse prendre. Plus on accroît la marge de manœuvre des acteurs et plus la performance s'accroît. Le rapport de Swisscanto sur l'état des caisses de pension permet aux experts de commenter l'affaire Swissfirst. A leur goût, elle ne doit pas conduire le parlement à des décisions précipitées. «Un abaissement de la limitation de vitesse n'aurait guère d'impact sur les chauffards», selon Gérard Fischer, CEO du groupe Swisscanto. Un code de conduite existe et il a été intégré dans la loi. Le problème tient à l'application du code, selon Hans Ender, directeur de l'association des caisses de pension (ASIP). Les règles doivent figurer dans le contrat de travail et si elles ne sont pas respectées, la résiliation du contrat doit être prévue. Mais un renforcement de la législation n'est pas nécessaire. Certes seules 300 caisses de pension ont signé le code de conduite, soit 10% du total. «Il n'est pas pris assez au sérieux», selon l'ASIP. Mais cela ne signifie qu'elles s'y opposent. L'affaire Swissfirst pourrait toutefois augmenter l'intérêt pour ce code.

Doutes sur l'interdiction du «parallel running»

Les experts se montrent par ailleurs très réticents à condamner une pratique pourtant interdite ailleurs, à savoir le «parallel running». Ce terme s'applique lorsqu'un gérant effectue la même transaction pour son compte et pour son institut. Si le parallel running s'opère sur des actions du SMI, le poids d'une caisse ne suffit pas à influencer le cours de l'action, le gérant n'en tire donc pas d'avantage, explique Hans Ender. Il en va autrement d'une action de moindre capitalisation, comme Zehnder. Le code de conduite condamne le «front running» - opération du gérant avant celle de l'institution -, mais tolère le parallel running. Mais il en va de la responsabilité de chaque institut d'offrir des conditions de gouvernance strictes et de les appliquer.

Les experts se montrent également opposés aux efforts de réduction du nombre de caisses de pension. La marche à suivre poserait problème. En outre, les résultats montrent que ce sont les grandes caisses qui affichent les moins bons résultats.

La centralisation de la surveillance des caisses de pension est un autre sujet actuel. Le message du Conseil fédéral est encore en phase de consultation, mais il paraît satisfaisant. La surveillance est l'affaire des cantons.