Cumulée, leur fortune flirte avec les 1000 milliards de francs. C’est une fois et demie le produit intérieur brut helvétique. C’est aussi l’équivalent de cinq fois les chiffres d’affaires de Nestlé, Roche et Novartis réunis. Il s’agit de la masse sous gestion que les quelque 2000 caisses de prévoyance du pays ont entre leurs mains. «Ce rang qu’elles détiennent dans la gestion d’actifs leur confère un rôle de levier essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique», martèle inlassablement Sandro Leuenberger. Il est expert financier à l’Alliance climatique, une association qui milite notamment pour que les institutions de prévoyance retirent leurs placements des énergies fossiles.

Son argumentaire se fonde sur la mise en œuvre de l’article 2 de l’Accord de Paris, qui prévoit de réorienter les flux financiers pour limiter le réchauffement climatique. Difficile de chiffrer la part de ces mille milliards déjà «verte». Reste que depuis quelques mois, il trouve un écho sans précédent, y compris au sein des institutions de prévoyance.