Prévoyance

Les caisses de pension prévoient un taux de conversion à 5,7%

Le 2e pilier s’adapte au marché, selon une étude de PPC Metrics sur 280 caisses de pension. Le taux de conversion est déjà passé à 6% en moyenne à la fin de 2016. Pour les assurés, la rémunération des avoirs de vieillesse a diminué à 1,64% en 2016. Le rendement reste supérieur au taux du marché puisque ce dernier est négatif

Selon la réforme Prévoyance 2020 qui vient d’être refusée par le peuple, le taux de conversion – le pourcentage auquel l’avoir de vieillesse de l’assuré est transformé en rente – devait baisser de 6,8 à 6% pour la partie obligatoire. Mais le taux de conversion des caisses de pension s’élevait déjà à 6% au 1er janvier 2017, selon une analyse du consultant PPC Metrics auprès de 280 caisses de pension, représentant une fortune de prévoyance de 552 milliards de francs et 2,6 millions d’assurés. Les taux de conversion varient entre 4,6% (minimum) et 6,9% (maximum) à la fin de 2016, selon l’étude.

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L’étude se distingue des sondages habituels par l’utilisation des rapports annuels révisés, ce qui permet une standardisation des données et une bonne comparabilité des instituts.

Sur la base des taux d’intérêt du marché au 31 décembre 2016, le taux de conversion économique s’élève à 3,9%. Le taux de conversion moyen des caisses de pension analysées est donc supérieur de plus 50% à ce dernier, selon l’étude. D’après PPC Metrics, les caisses de pension s’attendent à des taux de conversion moyens de 5,7% pour ces prochaines années (5,95% dans l’étude d’il y a un an).

Une rémunération supérieure à celle du marché

La rémunération des assurés diminue encore mais elle dépasse toujours le taux du marché (−0,1% pour le rendement des emprunts de la Confédération), selon PPC Metrics. En effet le taux d’intérêt effectivement crédité sur les capitaux d’épargne des assurés actifs s’élevait, en moyenne, à 1,64% en 2016 (1,91% en 2015 et 2,34% en 2014). En 2016, les prestations sont plus basses dans les caisses de droit public (1,35%) que dans celles de droit privé (1,69%). En 2016, une majorité des institutions de prévoyance (56%) a crédité un taux d’intérêt compris entre 1% et 1,5% pour les actifs (1,5% à 2% en 2015 pour plus de 65% des institutions).

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La tendance à la baisse des taux d’intérêt techniques s’est poursuivie en 2016. Le taux moyen a diminué de 0,25 point de pourcentage (de 2,52% à 2,27%). PPC Metrics constate que le taux technique a baissé plus fortement que le taux sans risque (rendement des obligations de la Confédération), qui a diminué de 0,10 point de pourcentage (−0,14% à fin 2016).

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Le taux d’intérêt technique des institutions de prévoyance de droit public en capitalisation partielle est, en moyenne, toujours plus élevé que celui des caisses de pension de droit privé en capitalisation complète. Toutefois, une convergence des taux techniques peut être observée en 2016. Les taux d’intérêt techniques se situent dans une fourchette oscillant entre −0,75% et +3,50%, selon l’étude.

Pour les institutions en primauté des cotisations, la rémunération des capitaux des rentiers (taux d’intérêt technique) a été plus élevée que celle des capitaux des actifs (taux d’intérêt crédité).

Taux de couverture en baisse

PPC Metrics compare les degrés de couverture sous risque. Cette mesure permet une meilleure comparaison et se concentre sur les assurés actifs (comme si la caisse sortait les retraités du bilan). Le degré de couverture sous risque moyen a diminué de 91,7% à fin 2015 à 88,4% à fin 2016, en raison de la baisse des taux obligataires. Un degré de couverture inférieur à 100% signifie que les rentes en cours ne peuvent pas être financées sans un financement croisé des porteurs de risques. Cela signifie que les assurés actifs et éventuellement les employeurs doivent s’attendre à une possible diminution des prestations ou même à d’éventuelles mesures d’assainissement. Les frais de gestion de fortune s’élèvent en moyenne à 0,42% des placements à la fin de 2016.

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