Garmin, GoPro. Qui aurait parié que ces deux marques aller se croiser un jour? Garmin est un pionnier de la navigation GPS, d’abord pour l’armée, puis pour les véhicules tout public. Mais face à la généralisation des smartphones équipés de systèmes de géolocalisation, Garmin a dû se renouveler pour ne pas connaître le même sort que Kodak.

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Le fabricant américain a développé des montres sportives, puis des caméras miniatures qui, depuis cette année, incorporent son savoir-faire originel: la télémétrie. C’est-à-dire la mesure de toutes sortes de paramètres susceptibles d’intéresser les sportifs: vitesse, altitude, accélérations, etc. C’est le cas de la Garmin Virb Ultra 30 (368 francs), qui nous a été prêtée par la marque.

De son côté, GoPro, longtemps seul sur le terrain des caméras embarquées grand public, doit aussi innover. Garmin, mais aussi Sony par exemple, sont à ses trousses et lui grignotent des parts de marché. Avec la cinquième version de sa Hero, vendue 398 francs, GoPro propose lui aussi de prouver, chiffres à l’appui, la vitesse et l’ampleur de ses exploits. Puisque les deux marques ont décidé de croiser le fer, Le Temps a décidé de jouer les arbitres.

Ecran tactile et commande vocale

Ceux qui ont pris l’habitude de manipuler une GoPro – une grande majorité des utilisateurs de caméras embarquées – auront besoin d’un certain temps d’adaptation pour se familiariser avec la Garmin. C’est logique, mais c’est un peu désagréable pour celui qui veut rapidement passer à l’action.

En revanche, le manuel d’utilisation en ligne est simple et bien conçu. La frustration ne dure qu’un temps, donc. Après quelques minutes, il faut bien avouer que la manipulation, qui combine trois boutons et un écran tactile, fonctionne bien.

Chez GoPro, la navigation se fait uniquement à même l’écran. Elle nécessite un certain doigté, mais elle est, elle aussi, intuitive. En fait, pour la Hero 5, la première impression est surtout esthétique.

En plus d’être plus ergonomique et légèrement plus petite que ses prédécesseurs, elle n’a plus besoin de caisson pour être étanche. Elle est donc, aussi, un peu plus compacte que la Garmin dans son caisson.

Puisque c’est relativement nouveau dans ce domaine, notons que les deux fabricants ont intégré une commande vocale qui permet de prendre une photo, de commencer et d’arrêter une vidéo ou de placer un marqueur à un moment que l’on juge intéressant. Cette option demande à être améliorée. Elle peut être, certes, très utile en pleine action. Mais à condition de ne pas devoir se répéter plusieurs fois, comme cela a été le cas lors de notre test.

Attention aux secousses

Afin de pouvoir comparer les deux caméras d’action pour ce qu’elles sont, nous nous sommes rendus à Chaumont, sur les hauteurs de Neuchâtel, où l’une des pistes de VTT les plus réputées d’Europe a été aménagée par l’association Bike Attitude. C’est l’un de ses fondateurs, Brice Wacker, qui a accepté d’accrocher les deux caméras sur le guidon de son vélo.

A ce stade, il est utile de souligner que les deux caméras peuvent filmer en 4K. Elles intègrent toutes deux un outil de stabilisation de l’image, qui ne fonctionne qu’avec un niveau de pixellisation limité (et en mode 2,7K). C’est toutefois largement suffisant pour enregistrer de belles images.

Pour les deux modèles, il faudra compter quelques dépenses supplémentaires pour s’équiper en supports de fixation. Et il est important de bien les choisir. C’est ce que nous avons pu expérimenter lors de la descente en VTT de notre cobaye. Pendant sa descente, Brice a dû s’arrêter plusieurs fois pour replacer les caméras. Lui-m'eme conseille d’ailleurs plutôt de les fixer à son casque ou sur le thorax, plutôt que sur le guidon de son vélo.

Retour en intérieur pour voir le résultat et, surtout, pour ajouter les données qui ont été captées par les GPS pendant la descente. On note d’abord que l’importation de fichiers sur les logiciels d’édition (Virb Edit pour Garmin et Quick pour Go Pro) est plutôt aisée, bien qu’un peu lente – il nous a fallu plus de treize minutes pour importer un film de… treize minutes.

L’ajout des données télémétriques est, lui aussi, très intuitif. Le logiciel Quick, davantage porté sur le partage instantané de vidéos sur les réseaux sociaux, est un peu plus laborieux à apprivoiser.

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Un outsider à la hauteur

Il est un autre point sur lequel Garmin l’emporte sur GoPro: les variantes de calques affichant la vitesse ou l’altitude sont à la fois plus nombreuses et plus originales. Côté technique, il est difficile de savoir qui, de l’une ou de l’autre, mesure les données les plus précises. Les résultats sont quoi qu’il en soit crédibles et convaincants.

Finalement, aucune des deux caméras ne l’emporte largement sur l’autre. GoPro a l’avantage de bénéficier d’une grande communauté d’utilisateurs convaincus, et sa nouvelle caméra est certainement à la hauteur des attentes. Mais Garmin, que l’on peut considérer comme le challenger, arrive avec une offre très convaincante, tant au niveau de la qualité d’image que de l’édition de vidéo. Elle n’a franchement rien à envier à GoPro, leader jusqu’ici incontesté des caméras pour sportifs.