Des caméras pour mieux régler les litiges routiers

Technologie Provatis démarre la vente de ses appareils vidéo connectés

Des financiers russes soutiennentla start-up vaudoise

Après les bracelets connectés pour suivre son poids, la qualité de son sommeil, son état de santé ou le nombre de pas effectués au cours d’une journée, les objets connectés s’intègrent au secteur de l’automobile. La société Provatis vise ce créneau.

La petite caméra posée sur le bureau d’Alexandre Fellrath, directeur de l’entreprise vaudoise Provatis, compte bien participer à cette nouvelle tendance. Elle équipe déjà quelques véhicules en Suisse romande.

Collée au tableau de bord et activée automatiquement en situation de mouvement, elle filme dès l’instant où la voiture démarre ou si celle-ci détecte un mouvement. «A la différence des caméras, style GoPro, elle possède des capteurs permettant d’identifier des détails rendus normalement non visibles en cas de contre-jour ou d’obscurité. Elle permet d’affiner la netteté du contraste des vidéos lors du visionnement», explique Alexandre Fellrath, qui a conçu cet outil – dénommée ProvaCam – avec un spin-off du Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM), la société SNAPsensor à Neuchâtel ainsi que l’entreprise Sdataway à Châtel-Saint-Denis.

Le système breveté enregistre des images vidéo avec un champ de vision de 120 degrés et comprenant des informations telles la date, l’heure, la géolocalisation et la vitesse. «Une connectique USB permet d’en télécharger le contenu et de produire un rapport d’incident incluant des extraits vidéo, image par image. Ceux-ci peuvent être visionnés en parallèle à une carte routière, explique Alexandre Fellrath, ancien directeur informatique du Comité international olympique (CIO), qui a également travaillé plusieurs années dans l’informatique hôtelière. Nous sommes en contact avec trois assurances qui devraient prochainement proposer notre caméra à leurs membres afin de réduire leurs primes. En effet, cet outil pourrait se positionner dans la prévention de la sécurité routière. En cas de litige entre deux véhicules ou en cas de soupçons d’escroquerie, il permettra de démontrer image par image ce qui s’est effectivement passé.»

La société romande Provatis est également en contact avec différents magasins d’électronique. Pour l’instant, seule les garages Citroën à Genève proposent cette caméra qui peut également être achetée sur le site de Provatis, au prix de 149 francs.

Fondée en mars 2009 par Alexandre Fellrath, Steeve Groux et Jurg Strucher, la société basée à Ecublens espère réaliser cette année un chiffre d’affaires d’un million de francs. Elle a levé 3 millions de francs en trois ans, grâce notamment au soutien de deux financiers russes, Maxim Avdeev et Elena Apostolova, établis en Suisse romande.

Depuis quatre ans, la société employant cinq personnes enregistre ses premiers revenus grâce à la vente de boîtiers qui appellent automatiquement un numéro d’urgence en cas de gros accident. Fabriqués par le groupe Magnetti Marelli en Italie, ces boîtiers transmettent des informations précises quant au positionnement du véhicule. Un bouton de dépannage permet également d’appeler à l’aide «manuellement». «De plus en plus de constructeurs proposent aujourd’hui cette option», constate Alexandre Fellrath, qui espère engager environ cinq collaborateurs d’ici à la fin de l’année.

Provatis a signé un contrat de partenariat avec l’Association transports et environnement (ATE), un concurrent du Touring club suisse (TCS).

«Nous avons également conclu un accord avec Medicall, une société d’assistance en Europe qui s’occupe d’envoyer les secours sur le lieu d’accident», précise Alexandre Fellrath, qui commercialise également un autre boîtier mesurant et enregistrant toutes sortes de données liées au véhicule, à l’exemple de sa vitesse moyenne, du nombre de kilomètres parcourus quotidiennement ou de son empreinte carbone. Le boîtier est également lié à une application pour smartphone qui permet d’accéder et de contrôler toutes ces données.

«Ce type d’outil permettra à l’avenir de réduire ses primes d’assurance», prévoit le directeur de Provatis. Pour l’instant, ces boîtiers sont surtout utilisés par des PME qui les installent sur des véhicules d’entreprises afin de responsabiliser les conducteurs. «Ils permettent de diminuer les frais du véhicule de 15 à 20%», affirme le chef d’entreprise.

«Ce type d’outil permettra à l’avenirde réduire ses primes d’assurance», prévoit le directeur de Provatis