«David Cameron a fait attention de ne pas heurter directement son parti. Contrairement à Tony Blair avec le Parti travailliste, il a simplement changé son style, sans fondamentalement le réformer. Il a cependant forcé les conservateurs à accepter deux choses: d’une part, pas toucher au NHS (services de santé), parce que les Britanniques y tiennent; d’autre part, il s’est montré plus progressiste envers les femmes et les homosexuels.

Enfin, sur l’opposition à l’immigration et à l’Europe, Cameron n’a pas changé le message, mais a simplement estompé le sujet. Les conservateurs restent cependant profondément eurosceptiques.»

«David Cameron a réussi le’test de la réception à dîner’: il est devenu acceptable de se dire conservateur quand on va dîner chez des amis. Cependant, les conservateurs demeurent dans l’esprit des gens le parti des impôts faibles et de l’opposition à l’immigration, tandis que les travaillistes sont le parti du NHS et des écoles. C’est logique: les conservateurs n’avaient rien fait pour changer jusqu’en 2005. En comparaison, les travaillistes avaient commencé à se moderniser dès 1983, et ils n’ont été élus qu’en 1997. Même si David Cameron ne gagne pas les élections, il aura réussi à rendre son parti éligible.»

*The conservative party: from Thatcher to Cameron, éditions Polity Press, 2010.