«Nous n'avons pas de stratégie particulière.» François Seppey, à la tête du développement économique et touristique (Sdet) du canton, est prudent à l'idée d'un positionnement du Valais comme lieu de résidence pour les retraités même dynamiques. Il met en exergue un risque de déséquilibre de la société. «Il existe un fossé entre la perception extérieure de l'économie valaisanne et sa réalité, renchérit Jean-Yves Pannatier, membre de la direction de la Banque Cantonale du Valais (BCVs). L'industrie chimique et l'approvisionnement en énergie, par exemple, sont les principaux contributeurs au produit intérieur brut (PIB) valaisan.» «On fait du tourisme quand on n'a rien d'autre», rappelle Christophe Clivaz, professeur à l'Institut économie & tourisme de la Haute école valaisanne (HEVs) de Sierre.

L'intégration, la clé du succès

Pourtant, les données démographiques attestent d'un vrai mouvement des plus de 50 ans en direction du Valais. Ce phénomène doit-il être observé passivement? «Il ne faut pas que le canton se laisse aller au gré des changements sociétaux», prévient le professeur valaisan.

Urs Zenhäusern, directeur de Valais Tourisme, plaide lui pour le développement d'une politique sensible afin d'exploiter encore mieux ce créneau. A ce sujet, Christophe Clivaz identifie une tendance autour de la santé incluant le bien-être, la gastronomie et la nature. Des choses restent à faire. La vinothérapie développée dans le Bordelais se présente par exemple comme un concept intéressant pour une région aussi viticole.

Pour tous les interlocuteurs, un développement de l'offre immobilière serait par contre un non-sens. Un Valais composé de villages de retraités comme le sud de l'Espagne ou la Floride serait une aberration. «Il existe déjà beaucoup trop de zones bâties, de résidences secondaires, prévient l'universitaire. De plus, le concept de zones homogènes ne me plaît pas.» Le cantonnement des plus âgés n'est pas dans l'esprit des Valaisans et de leurs hôtes. «Les gens qui viennent chez nous sont très indépendants. Ils ne veulent pas de ghettos ciblés. Au contraire, ils entendent participer à la vie quotidienne», observe le directeur de Valais Tourisme.

L'intégration se présente comme la clé du succès aux yeux de Christophe Clivaz. A ce sujet, il souligne le danger d'une fiscalité attrayante. Outre une question d'équité et de dépendance de certaines communes vis-à-vis de cette manne financière, il met en avant le risque de départ de ces nouveaux arrivés. «La question du lien avec le lieu est essentielle. Il faut s'assurer que les gens s'impliquent dans la vie locale, qu'on essaye de les intégrer.»