La place financière vaudoise occupe la 7e position suisse, emploie 13000 personnes et représente 13% du produit intérieur brut cantonal. Mais il semblerait que l'offre bancaire reste insuffisante par rapport au potentiel que représente, en particulier, la gestion de fortune. C'est en tout cas la conviction de LODH qui célèbre ses 125 ans de présence à Lausanne et révèle à cette occasion le montant des actifs qui y sont gérés: 5 milliards de francs, un chiffre qui a doublé en deux ans.

Non content de ce résultat, LODH envisage de porter de 40 à 80 le nombre de collaborateurs de sa succursale lausannoise dans quelques années. «Nous sommes le premier banquier privé en terre vaudoise», dit son nouveau directeur Jean-Baptiste Aveni, arrivé à fin 2006 avec deux autres cadres de Ferrier Lullin. Plus qu'un simple point de vente, le bureau de la place Saint-François offre des services élargis de conseil et gestion à la clientèle privée (deux tiers) et institutionnelle (un tiers). La présence des hautes écoles (EPFL, IMD), le pôle santé/biotech, la démographie favorable et les 36000 entreprises du canton font penser à LODH qu'il est temps d'investir.

La concurrence se multiplie

Les concurrents ne sont pas en reste. «Par le passé, on a beaucoup sous-estimé le potentiel financier vaudois, dit le directeur romand de Wegelin Adrian Kuenzi, dont la succursale lausannoise - ouverte avant Genève - a atteint l'équilibre en neuf mois seulement. Lausanne est un centre de gravité idéal, et on y trouve nombre de grandes fortunes souhaitant un conseil de proximité.» Pictet a pris pied dans la capitale vaudoise il y a une dizaine d'années. Et dans le dernier rapport d'activité de la BCV (63 milliards de masse sous gestion, +11% en 2006), on lit la volonté d'«intensifier le développement régional» en gestion de fortune.

LODH manifeste aussi sa présence vaudoise en devenant le sponsor principal du Festival de musique Vevey-Montreux, auquel la banque souhaite redonner son lustre d'antan.