Conjoncture

Le canton de Vaud suit la trajectoire helvétique

Le PIB devrait croître de 1,5% et 2% en 2013 et 2014. L’industrie des machines ira mieux, la finance devrait poursuivre sur sa lancée

Un repli modéré suivi d’un modeste redressement. «Vaud est une petite Suisse», a ainsi lancé jeudi à Lausanne le responsable cantonal des statistiques, Marc-Jean Martin, lors de la présentation des perspectives pour l’économie vaudoise. La preuve? Pour 2013, puis pour 2014, la croissance cantonale devrait se monter à 1,5%, puis 2%. Des pré­visions qui ressemblent à s’y méprendre à celles établies pour la Suisse (1,3% et 2,1%).

Dans sa structure tout comme dans son comportement, Vaud suit la trajectoire helvétique. Ainsi, pendant deux ans au moins, les activités tournées vers l’intérieur (immobilier, construction, services aux entreprises, santé, commerce…) devraient afficher une progression supérieure à celles qui sont tournées vers l’international (équipements, instruments, horlogerie…). Avec une exception à la règle: la chimie et la pharma.

Autre similitude: la consom­mation des ménages, qui a, en Suisse comme dans le canton, servi «d’airbag anti-crise», dixit Marc-Jean Martin. Celle-ci devrait rester forte grâce à l’immigration, aux bas taux d’intérêt et aux chômage contenu – une stabilisation à 4,7% est attendue. Mais étant donné son niveau déjà élevé, elle ne sera pas un facteur d’accélération de la croissance, préviennent les auteurs d’un indicateur que la Banque cantonale, la Chambre de commerce et l’institut Créa ont contribué à établir. Ce cinquième exercice de prévisions régionales se différencie pourtant de ses précédents. Vaud a tradition­nellement fait mieux que la Suisse. Entre 2000 et 2012, leur croissance moyenne s’est élevée respectivement à 2,1 et 1,7%. Un équilibre aujourd’hui mis à mal. En 2012, le canton a avancé presque deux fois moins vite (0,6% contre 1%). «Ce sont des différences minimes à ne pas sur­interpréter», a relativisé Jean-Pascal Baechler, conseiller économique auprès de la BCV. Les principales ­raisons sont à trouver dans le poids relatif des différents secteurs pour les deux zones en question, a complété Marc-Jean Martin.

C’est notamment le cas de l’industrie des machines. Vaud est plus affecté par ses difficultés que le pays dans son entier. En 2013, les fabricants locaux de machines devraient par ailleurs connaître un recul de leur activité compris entre 0,5 et 2%, suivi d’une reprise de même ampleur en 2014.

«Pas que de la gestion»

Pour les activités financières (9% du PIB cantonal, contre 12% en Suisse), une croissance de plus de 2% est prévue pour 2013 et 2014. Quid de la percée politique de l’échange automatique d’informations? «Le débat autour du secret bancaire est dans l’air depuis 2009, a rappelé Jean-Pascal Baechler. Et la finance vaudoise ne dépend pas que de la gestion de fortune, encore moins de la gestion d’avoirs non fiscalisés!» La Suisse non plus.

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