Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le coût de protection contre un mouvement du dollar est devenu plus cher.
© JOSE LUIS GONZALEZ / Reuters

Produits structurés

Capitaliser sur des stratégies dynamiques de couverture contre le risque de change

Le récent rebond de la volatilité s’accompagne d’une très forte incertitude sur l’évolution des devises. Le déploiement d’une stratégie de couverture pour protéger les portefeuilles devient primordial

Le dollar s’est fortement déprécié en 2017 (Dollar Index en baisse de 9,8%), pénalisé par une inflation peinant à décoller et les doutes sur les capacités du président Trump à mettre en place ses réformes fiscales. Le prolongement de cette tendance en ce début d’année semble toutefois en contradiction avec les fondamentaux macroéconomiques (taux 10 ans américain à 2,88%, au plus haut depuis janvier 2014; inflation au-dessus de 2%, etc.).

L’euro a, pour sa part, connu une forte appréciation en 2017 (+14,15% face au dollar, +9,16% face au franc suisse), bénéficiant de la vitalité retrouvée du Vieux Continent et de la diminution du risque politique. Cependant, la récente montée face au dollar s’inscrit en totale opposition avec l’écartement du spread de taux entre l’Europe et les Etats-Unis. Bien que les indicateurs économiques européens restent solides, il n’est pas certain que le marché puisse continuer à ignorer cette divergence.

Le sterling à nouveau sous pression

Le sterling a enregistré un fort rebond au second semestre 2017, après sa chute vertigineuse qui avait suivi la décision du peuple britannique de quitter l’Union européenne. Les anticipations de hausse de taux ont offert une bouffée d’oxygène au sterling mais la devise se retrouve de nouveau sous pression avec les discussions à venir sur le Brexit. Par ailleurs, la banque du Japon sera l’une des dernières grandes banques centrales à maintenir une politique accommodante. Par conséquent, le yen devrait logiquement être pénalisé par une dynamique de taux en sa défaveur. Son statut de devise refuge pourrait toutefois lui offrir un important soutien dans un contexte de plus grande nervosité sur les marchés actions, comme au début du mois de février. Mêmes forces contradictoires pour le franc suisse, dont les niveaux actuels n’obligent plus la Banque nationale suisse à intervenir pour stopper sa progression.

Contrôler l’exposition aux risques de marché

La volatilité sur les marchés financiers complique les décisions d’investissement. Dans un environnement complexe à décrypter, il est essentiel de pouvoir contrôler l’exposition aux risques de marché afin d’améliorer le couple rendement/risque. La période actuelle, marquée par de fortes incertitudes, invite au déploiement d’une stratégie de couverture pour protéger les portefeuilles des clients contre le risque de change, au moins sur une partie de l’exposition en devises étrangères. Elle vise à optimiser la protection des actifs et offrir une stabilité des résultats sur le long terme. Ces dernières années, beaucoup d’investisseurs ont privilégié des stratégies de couverture systématiques, dites passives. La politique de taux bas conduite par les grandes banques centrales permettait de mettre en place des couvertures de change à des coûts très faibles (le coût de couverture d’une stratégie passive correspondant au différentiel de taux entre les deux devises).

Aujourd’hui, la fin progressive des politiques monétaires accommodantes, à des rythmes différents selon les banques centrales, entraîne un écartement du spread de taux entre les pays et donc une augmentation des coûts de couverture. Ainsi, le coût de couverture du risque dollar d’un investisseur basé en zone euro est passé de 0,59% annuel en 2015 à 2,90% en 2018. Le coût est encore plus élevé pour un investisseur suisse souhaitant se protéger contre une baisse du dollar: 3,20% aujourd’hui contre 1,05% en 2015.

D’autres approches doivent être envisagées pour optimiser les coûts de couverture tout en maintenant un niveau de protection élevé pour les investisseurs. Dans cette optique, les stratégies dynamiques permettant d’adapter le niveau de couverture en fonction des tendances du marché semblent plus adaptées pour faire face à la normalisation du marché des changes. Elles offrent la possibilité d’être protégé contre les fortes dépréciations des devises étrangères (augmentation du ratio de couverture durant les périodes de baisse) sans abandonner l’opportunité de bénéficier des mouvements haussiers (réduction du niveau de couverture durant les périodes de hausse). A long terme, ces stratégies dynamiques de couverture s’avèrent efficaces et pallient les principaux inconvénients des approches passives: participation aux mouvements favorables, réduction des coûts de couverture et amortissement des flux de trésorerie liés aux positions de couverture.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)