Gestion de fortune

Capitalisez sur la volatilité grâce aux mathématiques

Les portefeuilles ainsi construits peuvent avoir pour objectif de surperformer le marché de 1 à 4%

A en croire une théorie mathématique développée il y a plus de 30 ans, la volatilité des actions peut être exploitée de manière systématique ; elle représente même une source considérable de performances, qui est loin de se tarir.

Le point de départ se fonde sur le constat qu’un portefeuille indiciel classique, dont les pondérations sont définies proportionnellement à la valeur boursière des entreprises, n’est pas une méthodologie efficace pour investir sur le marché actions. Même si la valorisation des titres sous-jacents par le marché est efficiente, il est néanmoins possible de construire des portefeuilles plus efficients que l’indice. Ces portefeuilles sont construits en prenant simplement en compte la volatilité des titres individuels, ainsi que leur comportement relatif les uns par rapport aux autres. 

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Une prime de rééquilibrage

Une fois que la construction plus efficiente d’un portefeuille a été définie, elle doit ensuite être préservée dans la durée par des rebalancements réguliers. Les valeurs dont les pondérations ont progressé sont ajustées à la baisse pour revenir aux poids cibles ; les plus-values servent à réinvestir dans les titres qui se sont dépréciés. Les opérations de négociation requises pour exécuter ce rebalancement et préserver la composition du portefeuille s’inscrivent naturellement dans la logique du «vendez cher, achetez bas», ce qui créé une «prime de rebalancement». Il est important de noter que cette prime de rebalancement dépend principalement de la volatilité des titres, c’est-à-dire de l’ampleur des mouvements par rapport aux poids cibles, et ne requiert aucune analyse sur la capacité des différentes valeurs à surperformer ou à sous-performer.

Les portefeuilles ainsi construits peuvent avoir pour objectif de surperformer le marché de 1 à 4%, mais surtout, ils privilégient la maîtrise des risques. Bien entendu, tous les investisseurs n’ont pas la même définition du risque. L’approche peut donc chercher, soit à minimiser la tracking error pour les investisseurs sensibles à la performance des indices, soit à limiter la volatilité globale du portefeuille pour les clients plus soucieux du niveau de risque absolu de leurs fonds en actions. Le fil conducteur de ces différentes stratégies reste la réponse à un objectif de performance avec le moins de risque requis.

Les fonds de pension, les compagnies d’assurance et les gérants de fortune à travers le monde s’appuient sur des portefeuilles de ce type ; ces derniers sont aujourd’hui au cœur de leurs allocations en actions. Certains y voient une manière de générer un complément de performance pour leurs investissements passifs, avec de faibles niveaux de risque relatif, d’autres y voient un outil de diversification face à des gérants actifs traditionnels. Le processus de gestion lui-même, ainsi que sa source d’alpha, la volatilité, diffèrent tellement des approches traditionnelles que ces stratégies offrent généralement des performances décorrélées des autres portefeuilles.

La puissance des mathématiques démontre qu’il est possible de mettre à profit cette volatilité et que cette dernière peut servir de moteur de performance, sans que l’on ait besoin de comprendre ou d’interpréter ses causes. Et puisque la volatilité est une caractéristique naturelle de tous les marchés, ce moteur de performance est non seulement abondant, mais également intarissable.  

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