Technologie

Du capitalisme de l’attention à celui de la surveillance?

Le débat s’enflamme: comment encadrer la reconnaissance faciale alors que tout le monde peut traquer son voisin pour quelques dizaines de francs?

Il y a une dizaine d’années, des caméras ont été installées à Bryant Park, au cœur de New York. Le dispositif permet aux gens du quartier de voir s’il reste un carré de pelouse quand ils veulent bronzer en été ou si la patinoire est bondée en hiver. Une équipe de journalistes a récupéré les images d’une journée de tournage de ces caméras et les a passées à la moulinette d’un logiciel de reconnaissance faciale.

Pour 60 dollars, ils ont pu enregistrer près de 3000 visages qui – couplés à des photos disponibles sur le web – leur ont permis de retracer le parcours ce jour-là de simples citoyens et d’en reconnaître au moins un. Quand il a été prévenu, ce professeur d’université n’en est pas revenu, car il est vrai que la caméra n’avait saisi qu’une partie de son visage.