La fortune des Italiens est de plus en plus l’objet d’héritages et donc de moins en moins d’autodidactes, selon une étude menée entre 1995 et 2016, et publiée la semaine dernière par l’Institut NBER. L’Italie assiste-t-elle à un retour au capitalisme patrimonial dénoncé par l’économiste français Thomas Piketty? La question se pose à un moment où elle est, avec l’Espagne, l’un des rares pays au sein desquels le taux d’épargne diminue depuis dix ans.

Les ménages italiens sont traditionnellement parmi les plus riches et les moins endettés d’Europe. La Péninsule présente un niveau d’épargne qui représente six fois le produit intérieur brut (PIB) et huit fois les revenus disponibles en 2016. La situation des ménages contraste ainsi avec le fort endettement de l’Etat. Leur fortune nette atteint 166 000 euros en 2006, contre
21 000 euros il y a un demi-siècle. Pourtant l’épargne moyenne des ménages a diminué ces dernières années pour revenir à 141 000 euros en 2016.