France

Le capital-risque, cette finance qui n’est pas l’ennemie de la gauche française

Les investisseurs prêts à soutenir les start-up ont la cote à l’Elysée, comme à Bercy où la finance a été si pourfendue depuis l’accession de François Hollande à la présidence en mai 2012

Le capital-risque, cette finance qui n’est pas «l’ennemie»

Philippe Collombel et Jean-Marc Patouillaud ne font pas encore les couvertures de la presse économique hexagonale. Difficile, pourtant, de ne pas croiser le patronyme de ces deux capital-risqueurs français et de leur fonds Partech dans presque toutes les opérations financières liées aux nouvelles technologies. Leur incubateur parisien, baptisé le «Shaker» et situé dans Le Sentier, quartier historique de la fripe, accueille des anciens ingénieurs de Lagardère ou d’Alcatel, ces géants de la France d’hier, confrontés à de sérieuses turbulences.

A l’actif de Partech et de ses sept partenaires? Vingt et une introductions en bourse depuis dix ans, 50 ventes à plus de 100 millions d’euros (108 millions de francs) – dont celle de DailyMotion, la plateforme vidéo cédée par Orange au groupe Bolloré – et 15 à 20% de rendement annuel. «Ils incarnent l’autre versant du nouveau visage technologique et financier de la France, cachés par les figures imposantes de Patrick Drahi (Altice) ou Xavier Niel (Free)», explique-t-on du côté de la Banque publique d’investissement (BPI).

Xavier Niel aussi

La BPI, structure faîtière d’investissement publique créée en 2012, s’est pour sa part dotée d’un fonds Ecotechnologies, dont l’une des dernières recrues est Vulog, une start-up niçoise spécialisée dans la création d’applications pour l’auto-partage. Ce fonds, surveillé de près par Bercy et par l’Elysée, a reçu le mandat d’aider en priorité les jeunes pousses prometteuses dans le secteur de l’économie collaborative à laquelle la BPI vient d’ailleurs de consacrer un rapport.

Le capital-risque à la française est toutefois aussi le fait des «grands aînés». Xavier Niel investit via son fonds Kima Ventures. Marc Simoncini, fondateur de Meetic, place ses pions financiers via Jaïna Capital. Pierre Kosciusko-Morizet (ex-Price Minister) et Geoffroy Roux de Bézieux (numéro deux de la faîtière des patrons MEDEF) ont lancé Isai Développement. Après une dégringolade en 2011-2012, le capital-risque français s’emploie à remonter la pente.

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