Présidentielle américaine

Carl Icahn, l'octogénaire qui a touché le jackpot la nuit de l’élection

Le financier new-yorkais, qui a soutenu dès le départ la candidature de Donald Trump, a misé un milliard sur le nouveau président. Il exclut toutefois l’idée de faire partie de son nouveau gouvernement

Rallié à la candidature de Donald Trump dès le lancement de la campagne du magnat de l’immobilier, l’investisseur de légende Carl Icahn ne s’est pas attardé mardi aux festivités organisées par le nouveau président pour sa victoire. Non pas pour des raisons de fatigue liées à son âge, mais parce qu’il avait mieux à faire. En effet, le New-yorkais, qui a fêté ses 80 ans au début de cette année, a préféré rentrer chez lui pour acheter des actions américaines pour «environ» 1 milliard de dollars.

«J’aurais aimé pouvoir investir davantage mais je n’ai pas réussi à placer davantage qu’environ 1 milliard de dollars lorsque le marché a ouvert. Je suis néanmoins satisfait», a déclaré mercredi l’octogénaire lors d'un entretien téléphonique avec l’agence Bloomberg.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les marchés en Asie avaient en effet décroché de 5% en fin de séance. Quelques heures plus tard, la tendance s’est inversée sur le Vieux Continent, tandis que la bourse américaine a rapidement l’ascenseur durant la suite de la journée de mercredi.

«Le monde était pris de panique sans raison»

Qu’est-ce qui l’a rendu aussi sûr de son pari? La nuit de mardi à mercredi était «étonnante», «le monde était pris de panique sans raison», a commenté Carl Icahn. «Je n’ai jamais cru que l’élection de Trump soit forcément mauvaise pour les marchés», a ajouté celui qui a soutenu le futur président dès septembre 2015.

En conséquence, certains médias n’ont pas hésité à voir en lui un possible futur secrétaire d’Etat au Trésor. Une option exclue par l’intéressé: «Je ne suis pas un gars de l’establishment», a-t-il souligné, ajoutant qu’il n’a jamais travaillé pour personne d’autre que lui durant toute sa vie.

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Sur le fond, Carl Icahn partage largement les vues du nouveau président. Il plaide pour une diminution de la régulation, «qui a dérapé», sous l’ère de Barack Obama. En revanche, il estime que certaines limitations, comme les réformes Dodd-Frank, étaient nécessaires. Cette loi, mise en place à la suite de la crise financière, interdit notamment aux banques de spéculer pour leur propre compte.

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Comme Donald Trump, il défend deux mesures, en principe, opposées: d’un côté, davantage de dépenses dans les infrastructures financées par la dette; de l’autre, des réductions fiscales accordées aux particuliers et surtout aux entreprises pour inciter les sociétés américaines à rapatrier les piles de liquidités qu’elles ont accumulées à l’étranger.

Figure controversée

Malgré ses réussites comme investisseur, avec un portefeuille d’actions américaines dont la valeur était estimée à plus de 20 milliards de dollars en juin – certainement davantage aujourd’hui –, il reste une figure très controversée dans le monde des affaires. Il s’est fait connaître dès les années 1980 par ses prises de contrôle hostiles de diverses entreprises, comme la compagnie aérienne TWA. Pour rembourser son acquisition financée par l’emprunt, il a alors systématiquement revendu l’entreprise par morceaux afin de garder les plus rentables. Une stratégie qui a donné naissance à l’expression de «corporate raider».

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S’en sont suivies de multiples opérations visant à prendre le contrôle ou à influencer les décisions des entreprises, même en ne détenant que de très petites parts du capital. L’investisseur activiste a mis sous pression Time Warner dans le but d’accroître la valeur de l’entreprise, bien qu’il détenait à peine 3% de son capital. En 2013, il a aussi tenté de prendre le contrôle du géant de l’informatique Dell.

Démêlés avec une société cotée en Suisse 

S’il s’est toujours concentré sur les entreprises américaines, ses interventions ont parfois aussi concerné la Suisse dans un litige qui l’a opposé à l’exploitant de plateformes pétrolières Transocean, alors côté à la SWX. L’investisseur new-yorkais voulait obliger la société alors basée à Zoug à doubler le versement de ses dividendes.

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