Le futur patron de Renault s'appellera-t-il Patrick Pélata? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais sa nomination, vendredi, comme responsable opérationnel du constructeur automobile français est une étape marquante dans la façon dont le groupe sera piloté. Carlos Ghosn, qui assumait jusqu'à présent la totalité des responsabilités, a en effet décidé de déléguer la direction générale à Patrick Pélata.La création de ce poste de numéro deux à part entière est une grande première chez Renault. L'ancienne régie a toujours fonctionné avec un PDG aux multiples pouvoirs, épaulé par plusieurs directeurs généraux adjoints. Désormais, l'ensemble des sept membres du comité exécutif du groupe rapportera à Patrick Pélata. Celui-ci continuera à assumer le pilotage des activités en Europe.Fonctionnement en tandemToutefois, dans le nouveau schéma, Carlos Ghosn garde la supervision du budget, la stratégie moyen et long terme du groupe ainsi que la politique salariale. Le rôle que celui-ci s'était taillé sur mesure en pilotant à la fois Renault et Nissan depuis 2005 était difficilement tenable sur le long terme. Le «super-patron» était obligé de partager son temps sur trois continents: l'Europe, le Japon et les Etats-Unis. Cette situation le conduisait à ne passer en moyenne qu'une quinzaine de jours chez Renault.Dans le cas de ce dernier, Carlos Ghosn considérait jusqu'à présent que la délégation de ses pouvoirs n'était pas à l'ordre du jour, tant que son plan stratégique «Renault Contrat 2009» n'était pas totalement sur les rails. A un peu plus d'un an de l'échéance, le PDG passe à l'acte en nommant l'un de ses plus proches collaborateurs.Lorsqu'en 1999 Carlos Ghosn a été envoyé au Japon pour redresser Nissan, Patrick Pélata a été l'un des rouages essentiel du succès de l'opération. Revenu en France en 2005, il s'était vu confier la mission de rebâtir la gamme de Renault. Du coup, une relation de confiance s'est nouée, même si les rapports entre les deux hommes sont loin d'être simples. «Je cultive ma capacité à ne pas penser comme Carlos Ghosn», confiait au Monde, en 2006, Patrick Pélata.«Contrat 2009» pas rempliLa crise financière, qui touche de plein fouet l'industrie automobile a sans doute joué le rôle d'accélérateur. Car le «Contrat 2009» est loin d'être rempli. Carlos Ghosn a déjà renoncé à l'objectif de progression des ventes qu'il s'était fixé, et le 23 octobre, lors de la publication des résultats du troisième trimestre, il pourrait revoir à la baisse ses objectifs de rentabilité.Alors que Renault entre dans la tempête, Carlos Ghosn veut prendre du recul dans une période qui offre très peu de visibilité. Il confie la gestion quotidienne de Renault à un pilier de son organisation.