Samedi 30  janvier

Le FMI veut créer un «fonds vert» mondial

«Le sommet de Copenhague sur le climat nous a montré que la question du financement des changements indispensables pour produire moins de CO2 était le nerf du problème. Les pays émergents ne peuvent pas payer les nécessaires adaptations et les pays industrialisés n’ont pas d’argent pour les aider. Mais nous ne pouvons pas nous contenter de dire qu’il y a un énorme problème et que nous n’avons pas de solution. Je préconise la création d’un ‘fonds vert’ dont le financement serait assuré par les banques centrales et des droits de tirages spéciaux. Les détails seront publiés dans quelques semaines» Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI).

La reprise sera volatile

«La reprise est très fragile. La croissance restera volatile cette année car elle évoluera en dents de scie aux Etats-Unis (...) Pour nous, les statistiques importent néenmoins peu, c’est la qualité du rebond qui prime. La Chine oeuvre tout particulièrement pour accroître sa demande intérieure. Le processus va néanmoins prendre encore des années.» Zhu Min, vice-gouverneur de la Banque de Chine.

Pour une taxe Tobin

«Nous avons eu notre crise des ‘subprime’ il y a 20 ans. Elle découlait de comportements spéculatifs et force est de constater que ce genre de bulle extrême se répète. Un organe de régulation mondiale apparaît comme nécessaire, ou bien un impôt sur les transactions financières qui permettrait d’aider les pays les plus pauvres touchés par des crises financières. Lecapitalisme doit permettre de faire croître l’économie, or la spéculation à court ternme essoufle l’économie mondiale.»

Yoshito Sengoku, directeur général de la banque britannique Standard Chartered.

Le risque est nécessaire

«Nous avons besoin d’activités risquées, c’est bon pour l’économie. Les problèmes surviennent lorsque le risque n’est pas compris.» Tidjane Thiam, directeur général de la compgnie d’assurance britannique Prudential.

L’éducation, une solution

«L’éducation peut être la solution à plusieurs des plus importants défis sociaux et économiques auxquels le monde est confronté. (...) Sept millions de cas de sida pourrait être évités au cours des dix prochaines années si chaque enfant allait à l’école.»

Rania Al Abdullah, reine de Jordanie.

Vendredi 29 janvier

L’Europe au chevet de la Grèce

«Les autorités européennes aussi bien à Bruxelles qu’à la Banque centrale européenne s’occupent [de la Grèce]. C’est compliqué. C’est la première épreuve de ce genre pour la zone euro donc il faut qu’elle ajuste son tir. Mais je pense qu’ils vont y arriver.» Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI). (AFP)

Montrer le sérieux de la surveillance

«La crise financière nous amené au bord de l’abysse. Elle a globalement engendré des coûts de sauvetage correspondant à 25% du produit intérieur brut (PIB) des pays dont les banques ont failli sombrer […] La population ne comprendrait pas que nous n’agissions pas pour éviter que cette situation se produise à nouveau. Nous devons montrer que nous sommes sérieux dans notre volonté de réformer la surveillance et la régulation bancaire» Philipp Hildebrand, président de la Banque nationale suisse (BNS).

Arrêter de diaboliser

«La large diabolisation du secteur bancaire n’est d’aucune aide au débat [sur la nécessité de créer une nouvelle régulation financière]. Ce qu’il nous faut, ce sont des règles financières globales dans l’esprit de ce que plusieurs entités internationales l’ont suggéré, à l’instar du G20. (...) Tous les acteurs impliqués dans l’élaboration de cette directives doivent faire preuve d’un peu d’humilité.»

Peter Sands, directeur général de la banque britannique Standard Chartered

La dette comme priorité

«Le risque existe qu’une crise de la dette et des déficits publics remplace les problèmes du surendettement bancaire qui ont conduit à la débâcle financière […] Le Royaume-Uni doit se fixer comme priorité de diminuer sa dette.» David Cameron, leader du parti conservateur britannique.

Pas de faillite grecque

«Non, la Grèce ne fera pas faillite. Je vous prie. Dans la zone euro, le défaut de paiement, cela n’existe pas […] Il serait insensé de tenter de résoudre les problèmes auxquels la Grèce est confrontée en dehors de la zone euro»

Joaquin Almunia, commissaire européen aux affaires monétaires (Bloomberg)

Jeudi 28 janvier

Les banques doivent faire leur travail

«Le défi des banques est aujourd’hui de restructurer les banques de manière à ce qu’elles puissent faire leur travail, à savoir financer l’économie réelle. Dans ce sens, nous les encourageons à diminuer leurs dividendes ainsi que les bonus.»

Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (P. Gumy)

Un déficit de crédibilité

«Notre plus grand déficit n’est pas financier. C’est celui de la crédibilité. Nous, Grecs, devons remettre notre maison en ordre.»

George Papandreou, Premier ministre grec. (P. Gumy) ■ Une politique monétaire plus ciblée

«Nous allons maintenir la continuité et la stabilité de nos politiques macroéconomiques, continuer à suivre une politique budgétaire volontariste et une politique monétaire modérément souple et rendre ces politiques mieux ciblées et plus flexibles pour répondre à de nouvelles circonstances.»

Li Keqiang, vice-Premier ministre chinois. (P. Gumy)

Globaliser sans exclure «La récente crise financière a accru les pressions en faveur du protectionnisme, ce dont nous devons nous méfier. Dans le même temps, toutefois, nous serions bien avisés de nous préoccuper des effets collatéraux de la globalisation, lesquels nourrissent l’antipathie envers une plus grande intégration mondiale […] Une stratégie de croissance qui inclue un puissant filet de sécurité sociale doit accompagner la globalisation.» Lee Myung-bak, président de la République de Corée, qui accueillera un sommet du G20 en novembre. (P. Gumy)

Pétrole: des perspectives de production limitées «A mon avis, il sera difficile de produire beaucoup plus de pétrole qu’actuellement dans les prochaines années. J’estime que les capacités globales pourraient être accrues de 10% à 95 millions de barils par jour. Ce n’est pas une question de ressources, elles existent. Mais les nouveaux gisements sont difficiles à exploiter.» Thierry Desmarest, président de la direction de Total. (P. Gumy) ■ Les énergies nouvelles mettront du temps à s’imposer

«Les changements dans la consommation d’énergie ne sont pas aussi simples qu’appuyer sur un interrupteur pour couper la lumière, comme beaucoup de gens se le figurent. Il faut en fait entre 25 et 30 ans entre les débuts de l’exploitation d’une nouvelle forme d’énergie et son utilisation à très large échelle. D’ici là, nous avons besoin d’investir dans les énergies fossiles, car la demande s’accroît.» Peter Voser, directeur général de Royal Dutch Shell. (P. Gumy) Mercredi 27 janvierLes «fondamentalistes» du marché s’organisent «La crise financière a mis en évidence de façon implacable les erreurs systémiques du capitalisme tel que nous le connaissions […] mais les fondamentalistes du marché conduit par la main invisible cher à Adam Smith sont à l’affût [et tentent] d’affaiblir la nouvelle prise de conscience politique. Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie. Propos tenus en différé par vidéo devant le Public Eye on Davos. (P. Gumy) ■ Mettre un terme aux salaires excessifs «Les énormes rémunérations des dirigeants doivent fâcher 99% de la population. Dans les multiples plans de sauvetage mis sur pied par les Etats, seul une partie marginale est allée au soutien de l’emploi. Quelque chose doit changer, c’est obligatoire. Il n’est pas acceptable que l’écart entre les meilleurs salaires et la classe moyenne s’accroisse indéfiniment. Nous voulons plus de transparence.» Philipp Jennings, secrétaire général du syndicat mondial UNI. (P. Gumy)

Non au démantèlement des banques «Faut-il démanteler les banques [comme le préconise le président américain Barack Obama]? Le système économique est global, dans la production de produits comme de services. Nous avons aussi besoin d’un système financier global. Les règles devraient par ailleurs être les mêmes dans le monde entier, car l’industrie bancaire est active partout.» Josef Ackermann, directeur général de Deutsche Bank. (P. Gumy) ■ La bulle des plans de relance «Les flots de liquidités mis à disposition par les Etats en plans de relance ainsi que par les banques centrales prennent en partie le chemin des marchés émergents, où ils sont investis en bourse. Cela crée une énorme bulle, déjà formée. Cette situation fait clairement partie des risques auxquels nous serons bientôt confrontés au niveau mondial.» Guillermo Ortiz, professeur d’économie, ancien gouverneur de la banque centrale mexicaine et ancien ministre des Finances. (P.Gumy) ■ La taille critique des banques «Empêcher tout risque systémique en contraignant les banques à devenir plus petites et à se concentrer sur des marchés nationaux, voire régionaux, aura un impact négatif sur l’économie dans son ensemble et sur l’emploi. Ce n’est pas parce qu’ils le voulaient que les établissements financiers sont devenus si grands et si globaux, mais parce qu’ils ont répondu aux besoins de leurs clients.» Robert Diamond, président de la banque britannique Barclays. (P.Gumy)