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Roxane Carretero étudie à l'Université de Genève

Pour Roxane Carretero, étudiante en quatrième année d'histoire, la

Pour Roxane Carretero, étudiante en quatrième année d'histoire, la réforme de Bologne ne constitue absolument pas une évolution positive. La jeune femme y est opposée et la considère comme une atteinte à la démocratisation des études. «L'objectif principal de cet accord est la mise en concurrence des hautes écoles européennes entre elles, mais aussi avec les universités américaines et asiatiques. Par conséquent, il va déboucher sur une libéralisation de l'éducation, critique-t-elle. La formation est essentielle à la société. Elle est un droit, pas un marché.»

Selon elle, la mobilité n'est pas un point fort comme le prétendent les promoteurs de l'accord puisqu'elle sera forcée. «Les universités vont se spécialiser de plus en plus, se répartir les filières, et il faudra se déplacer pour suivre telle ou telle branche.» En outre, elle craint que la multiplication des classements des meilleures hautes écoles ne crée une éducation et des diplômes à deux vitesses: «Seuls les étudiants les plus fortunés pourront s'offrir des études dans les meilleurs établissements étrangers.» Le bachelor en trois ans débouchera, à son avis, sur une rigidification du plan d'étude, avec plus de séminaires et plus de cours obligatoires. «Que deviendront les étudiants qui travaillent et ont charge de famille? questionne-t-elle. Ils risquent d'étaler leurs études sur cinq ans au lieu de trois.»