Complément

Le casse-tête du 2e pilier

Les performances de l’an passé sont insuffisantes

L’année 2010 restera dans les annales comme une année très faible en termes de performance pour le 2e pilier. La plupart ont dégagé des rendements de l’ordre de 2 à 3%, estime Konrad Niklewicz, chez Swisscanto. Une estimation corroborée tant par les indicateurs calculés par UBS (+2,68%) et par Credit Suisse (+2,93%).

Cette pauvre progression fait certes suite à un puissant rebond en 2009, mais ce dernier n’avait pas permis à toutes les institutions de se remettre à flot, en particulier dans le public. Surtout, ces 2 à 3% ne permettent que de sauvegarder l’acquis, puisque les caisses à primauté de cotisation sont légalement tenues de verser 2% sur la fortune de leurs assurés (du moins la part dite obligatoire, soit le minimum assuré). Impossible d’augmenter substantiellement son taux de couverture, ou ses réserves pour la future – et inéluctable, c’est la loi des cycles – période de vaches maigres. Impossible, donc, de redoter un bas de laine appelé «provisions pour fluctuations de cours» dans le jargon de la prévoyance.

Des gérants «contraints» de prendre des risques

«Je pense que l’espoir selon lequel le marché va permettre de renflouer les caisses est illusoire», analyse Pascal Frei, de PPCmetrics. Depuis dix ans, les taux très bas ne permettent plus de dégager des rendements sûrs et suffisants en investissant dans des obligations. Il est certes toujours possible de faire mieux en misant largement sur les actions, mais la crise de 2008-09 a montré à quel point une telle stratégie était risquée. En ce début 2011, la problématique des gérants de caisse n’a guère changé.

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