«Vous commencez le symposium sur les catastrophes naturelles avec un exemple pratique: le président de la Confédération», a déclaré avec humour Moritz Leuenberger en ouvrant la journée de l'Association suisse d'assurances (ASA), vendredi à Rüschlikon. Blague à part, le conseiller fédéral a aussi rappelé que l'assurance se fonde sur le principe de solidarité, lequel est souvent mal compris.

L'Etat est dans un sens la plus grande assurance car, en cas de risques majeurs, c'est lui le dernier recours. Mais parce que les coûts pour prévenir les risques sont moins élevés que ceux des sinistres, Moritz Leuenberger propose la création d'un fonds de prévention des catastrophes naturelles.

La Suisse dispose, avec le pool d'assurances dans ce secteur, d'un système solide et exemplaire. Mais clairement perfectible. Les intempéries d'août dernier, qui ont coûté 1,3 milliard de francs aux assurances, ont accéléré la réflexion. La Suisse a absolument besoin d'une cartographie des risques pour l'ensemble du pays. Tous les experts présents à Zurich en conviennent.

A l'Office fédéral de l'environnement, Andreas Götz, est d'avis que les cartes de dangers sont un document de base capital pour une planification appropriée. «Elles seront complétées d'ici à 2011.» C'est un instrument nécessaire pour mieux évaluer les risques.

Jens Melhorn, membre de l'équipe «inondations» de Swiss Re, voudrait aller plus vite. Le réchauffement climatique augmente la fréquence et la dimension des catastrophes naturelles. Christoph Schär, de l'EPF Zurich, coauteur du rapport de l'ONU sur le climat, juge positifs les efforts de prévention, mais demande de s'attaquer également aux causes. Il propose des mesures d'atténuation, à commencer par la taxe sur le CO2.

Il est clair que la catastrophe de l'an dernier surprend les prévisionnistes. Jens Melhorn, de Swiss Re, a calculé que la période de récurrence de telles intempéries est de 43 ans. Le sinistre potentiel maximum, dans les inondations, est estimé à 8,5 milliards pour la Suisse. Un risque pareil est envisageable tous les 500 ans. Ce montant n'est pas insurmontable. Les inondations resteront donc assurables à l'avenir. Il aimerait introduire une certaine sélection des risques. Aujourd'hui, tout le monde paie une prime unique. Ne faudrait-il pas qu'un ménage dont la maison est inondée tous les 5 ans paie une franchise plus élevée? La prévention de catastrophes consiste par exemple à ne pas délivrer de permis de construire dans les zones à risque, selon Albert Lauper, président de l'ASA. Les cartes de zones de danger devraient introduire le débat sur la démolition ou la désaffectation de bâtiments, selon Gerhard Berchtold, directeur d'Allianz Suisse.

Albert Lauper plaide pour l'introduction d'une assurance contre les tremblements de terre valable pour toute la Suisse. Sur ce point, la perception du risque est insuffisante. Selon un sondage de l'ASA, 39% des propriétaires s'estiment assurés contre ce risque et 33% ne savent pas s'ils sont couverts. La prévention est d'abord une question d'information.