Transports

«Catch a Car peut être 40% moins cher qu’Uber»

Catch a Car, financièrement soutenu par les CFF, le programme SuisseEnergie, l’assureur Allianz et l’importateur automobile Amag, est la formule de mobilité mutualisée la moins contraignante du moment. L’EPFZ considère qu’elle peut remplacer quatre voitures privées. Rencontre avec son directeur Adamo Bonorva, également responsable Mobility pour le marché helvétique

Catch a Car, la nouvelle offre de véhicules en libre-service intégral de la coopérative lucernoise Mobility – l’une des plus importantes plateformes de partage de voitures en Europe, ayant dégagé en Suisse près de 4 millions de francs de bénéfices l’an passé – débarque à Genève le 5 novembre prochain. Avec 100 Volkswagen, roulant au gaz naturel et immatriculés GE 821 050, 51, 52… jusqu’à 150. Pour l’heure, 80 voitures sont déjà prêtes à rouler. Cette nouvelle prestation genevoise, qui existe à Bâle depuis deux ans (120 véhicules, pour quelque 5000 clients), est une première en Suisse romande.

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Son principe: localiser un véhicule avec son smartphone, sans forcément de réservation préalable, en prendre le volant et le déposer ensuite à peu près n’importe où. Ou plus exactement dans l’une des 24 000 places de stationnement public (zones bleues et blanches) de la Ville. Mais aussi des communes de Carouge, de Lancy, de Vernier et de Chêne-Bougeries. Autre possibilité: réserver sa voiture jusqu’à 8 heures à l’avance – moyennant des frais de stationnement –, via Internet.

Le client, qui paie au départ 25 francs d’inscription, est facturé à la minute de trajet. Soit 41 centimes lorsqu’il roule et 24 centimes à l’arrêt (le tarif passe à 10 centimes entre minuit et six heures du matin). Les coûts annexes tels que l’assurance du véhicule, le stationnement et le carburant – sans obligation de refaire le plein, les VW fonctionnant au gaz naturel – étant inclus dans le prix. Entretien avec Adamo Bonorva, directeur de cette formule qui a été testée dans la cité rhénane.

Le Temps: Quel est le chiffre d’affaires annuel de Catch a Car?

Adamo Bonorva: Ce dernier est confidentiel. A titre indicatif toutefois, un trajet entre la gare et l’aéroport de Bâle coûte 55 francs avec un taxi, 25 francs avec Uber et environ 15 francs [ndlr: 5 francs de parcours et 10 francs de taxe aéroport] avec notre produit.

– Ne craignez-vous pas que l’offre Catch a Car cannibalise à terme celle de Mobility?

– Ce n’est pas ce que nous observons depuis deux ans à Bâle, où nous avons au contraire acquis une nouvelle clientèle. Toutefois, environ 50% des utilisateurs de Catch a Car sont en même temps membre de Mobility, formule certes moins chère – selon l’usage que l’on a des véhicules – mais plus contraignante. Les deux produits répondent à des modes de consommation très différents. Catch a Car reste, même par rapport à une location traditionnelle, la meilleure solution pour les trajets courts dans le canton ou en France voisine.

– Prévoyez-vous d’élargir vos services à d’autres villes?

– Nous sommes en pourparlers avec la plupart des grandes agglomérations du pays. Mon souhait est qu’un jour Catch a Car puisse, par exemple, être utilisé en sens unique entre Genève et Lausanne.

– Pourquoi Genève Aéroport est-il exclu de votre périmètre de stationnement libre?

– Notre maillage à Genève est déjà beaucoup plus étendu qu’il ne l’était au départ à Bâle. Ce premier déploiement romand s’est effectué de manière extrêmement rapide. Nous n’avons pas eu le temps de finaliser un accord avec Cointrin. Mais les négociations avec les autorités aéroportuaires sont très avancées et devraient aboutir avant la fin de cette année.

– Avez-vous prévu d’engager des chauffeurs pour éviter que votre flotte ne soit trop concentrée par endroits?

– Nous espérons qu’il y aura, comme à Bâle, suffisamment d’usagers pour générer un effet de brassage. Nous n’avons donc créé à Genève que deux emplois de techniciens.

– Selon plusieurs études, un usager perdrait en moyenne un tiers de son temps de trajet à chercher une place de stationnement libre. Que proposez-vous pour contourner cette obligation de prolonger sa réservation en cas de destination encombrée?

– Les autorités genevoises nous ont accordé, via un léger ajustement législatif, un permis de stationnement spécialement adapté à notre activité. Ce dernier, que nous payons 480 francs par an, permet de se parquer sur des places bleues ou munies d’horodateurs, sans limitation de temps. Parallèlement à ce dispositif, l’idée de dégager en plus des emplacements sous-terrains privés, par exemple aux abords des gares, est en cours de réflexion.

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