Les compagnies aériennes du monde entier ont été plombées par la chute des voyages en raison du coronavirus et se préparent à un hiver douloureux, alors que le rebond qu'elles espéraient ne s'est pas matérialisé.

La compagnie hongkongaise Cathay Pacific ne fait pas exception: elle a annoncé mercredi dans un communiqué un plan de restructuration qui se traduira par la suppression de 8500 emplois au total, soit près du quart de ses effectifs, et la disparition pure et simple d'une de ses filiales.

«La pandémie dans le monde continue d'avoir un effet dévastateur et la dure vérité est que nous devons fondamentalement restructurer le groupe pour survivre», a déclaré dans le communiqué le directeur général de la compagnie, Augustus Tang.

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Dans le détail, 5300 employés basés à Hongkong seront licenciés, de même que 600 autres basés ailleurs. Le reste des suppressions d'emplois provient des départs naturels et du gel des embauches.

Une nouvelle brutale pour les employés

Cathay Dragon, appelé à disparaître, effectuait des vols court et moyen courriers en Asie, qui seront pour certains repris par Cathay Pacific et sa filiale low-cost HK Express, sous réserve de l'approbation des autorités aériennes.

Ce plan de restructuration a été salué à la Bourse de Hongkong, où le titre Cathay s'envolait de 5,8% mercredi matin.

Mais la nouvelle a été brutale pour les employés. Michael, un steward de 31 ans de Cathay Dragon qui refuse que son nom de famille soit cité, a raconté à l'Agence France-Presse (AFP) qu'il n'avait pas pu entrer sur sa session de travail et en concluait que son poste faisait partie de ceux appelés à disparaître. «Je deviens vieux», se désole-t-il. «Dans quelques années, quand le virus sera finalement sous contrôle, il sera pour moi trop tard pour prétendre à mon poste.»

Les efforts vains des compagnies aériennes

Les compagnies aériennes ont vu leur chiffre d'affaires plonger de 80% sur un an au premier semestre, selon l'IATA, alors qu'elles ont toujours des frais fixes importants comme les salaires, le carburant, la maintenance, les taxes d'aéroport et désormais les coûts d'entreposage de leurs avions.

Les efforts des compagnies pour tenter de persuader les voyageurs que prendre un avion est sûr d'un point de vue sanitaire ont peiné à convaincre. Mais ce sont surtout les restrictions ordonnées pour lutter contre le coronavirus, et dans le cas de Hongkong une quarantaine de 14 jours obligatoire à l'arrivée, qui ont plombé le trafic.

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Selon un scénario optimiste contenu dans une note aux investisseurs, Cathay Pacific espère opérer l'an prochain à la moitié de ses capacités d'avant la pandémie.

Une compagnie minée par la crise politique à Hongkong

Cathay Pacific a annoncé début août une perte nette historique de 9,9 milliards de dollars hongkongais (1,1 milliard d'euros) au premier semestre. De janvier à juin, la compagnie a transporté 4,4 millions de passagers, soit 76% de moins qu'au premier semestre 2019. Et entre avril et mai, le groupe ne transportait en moyenne que 500 passagers par jour, l'aéroport international de la ville offrant le triste spectacle des dizaines d'avions cloués au sol.

Avant même la pandémie, Cathay avait été miné par la crise politique à Hongkong, ces mois de manifestations en 2019 qui avaient considérablement réduit le nombre de passagers, en particulier en provenance de Chine continentale, marché pourtant crucial. La compagnie avait également subi les foudres de Pékin en raison du soutien de certains employés à la mobilisation pro-démocratie.

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Avant même que le coronavirus ne frappe, les comptes de Cathay Pacific étaient dans le rouge. Cathay Pacific avait dévoilé début juin un plan de recapitalisation de 39 milliards HKD (4,2 milliards d'euros) porté notamment par le gouvernement hongkongais qui a consenti à cette injection inédite pour lui éviter la faillite pure et simple.

Mais Augustus Tang a précisé que la compagnie dépensait jusqu'à deux milliards HKD chaque mois en pure perte pour se maintenir à flots. Avec le plan de restructuration, Cathay espère réduire de 500 millions HKD (54,4 millions d'euros) ses dépenses mensuelles.