Cellestia Biotech vient d’obtenir le feu vert de la Food and Drug Administration pour entamer des essais cliniques aux Etats-Unis sur son traitement anticancéreux. Ce premier spin-off de l’ex-ISREC (Institut suisse de recherche expérimentale sur le cancer) – aujourd’hui intégré à l’EPFL – souhaite développer une nouvelle molécule, CB-103.

«Nous ciblons les cellules cancéreuses qui ont un défaut dans leur voie de signalisation cellulaire, appelée Notch. Celle-ci joue un rôle central dans la différenciation ou la croissance des cellules souches. Mais certaines lésions génétiques peuvent l’activer anormalement, induisant la formation de cancer. Notre médicament vise à inhiber ce processus au cœur de la cellule», décrit Maximilien Murone, directeur opérationnel de Cellestia Biotech et ancien de Debiopharm et Genentech.

Reste que Cellestia Biotech n’est pas la seule société à s’intéresser à cette voie Notch. Mais les concurrents ne semblent pas avoir abouti à une solution probante. Même si la start-up a encore un long chemin d’essais cliniques à parcourir, elle affirme sur son site que «CB-103 constitue l’unique médicament qui agit dans le noyau de la cellule inhibant ainsi de manière centrale l’activation de Notch». Alors que le potentiel de marché de ces inhibiteurs dépasserait les 10 milliards de francs, la start-up imagine déjà faire de CB-103 un traitement phare évalué à plus de 1 milliard de francs.

Financement de plus de 20 millions

D’origine lausannoise mais établie à Bâle, Cellestia Biotech a levé 20 millions de francs en décembre dernier pour tester ses molécules sur certains types de leucémies, de lymphomes ainsi que des tumeurs solides. «Celles-ci ont en commun des lésions génétiques qui activent cette voie de signalisation cellulaire appelée Notch. Chaque année, plus de 250 000 patients atteints de cancer présentent cette caractéristique», précise Maximilien Murone.

En Europe, Cellestia Biotech a déjà lancé des essais cliniques de phase I-IIA. Cellestia Biotech est issue du laboratoire du professeur Freddy Radtke de l’EPFL. Il a cofondé sa start-up en 2014 avec son doctorant Rajwinder Lehal. Depuis sa création, elle est parvenue à lever un total de 29 millions de francs essentiellement auprès d’investisseurs institutionnels chinois (FC Capital et ETP) et tchèque (PPF/Sotio).

Une nouvelle levée de fonds supérieure à 20 millions de francs devrait être clôturée cette année. «Les investisseurs chinois sont très actifs et rapides dans leur processus de décision. Ils veulent acquérir des produits européens face à un marché du médicament qui subit une profonde transformation», constate Maximilien Murone. L’ex-directeur de Novartis Pharma David Epstein préside le conseil consultatif stratégique.