Le groupe prévôtois peut se targuer d'une longue histoire. Sur son site Internet, la présentation chronologique de Tornos remonte d'ailleurs jusqu'en 2000 avant Jésus-Christ, avec la découverte de la plus ancienne machine-outil, un tour! Plus sérieusement, la société est née à la fin du XIXe siècle, avec la production des premières machines d'usinage de petites pièces pour l'horlogerie.

Aujourd'hui, l'entreprise occupe 1231 collaborateurs, dont 1000 sur le site de production de Moutier. Les clients principaux sont actifs dans les domaines électronique, automobile, horloger et de la technique médicale. Environ 90% du chiffre d'affaires est réalisé à l'étranger (Europe, Etats-Unis et Asie). Ces trois dernières années, elle a accru ce chiffre de 23,5% en moyenne par année.

Avant d'en arriver là, Tornos a connu bien des déboires au début des années 90, crise oblige. Suppressions de postes, introduction du chômage partiel (15% en moyenne), blocage des salaires, suspension du treizième mois et refonte des équipes étaient au programme.

Lourde dette

Entre 1991 et 1994, la société a contracté une dette de plus de 60 millions de francs. A l'époque, le groupe allemand Rothenberger-Pittler détenait 80% du capital. UBS et les banques créancières incitaient fortement la société à trouver un repreneur.

La solution est venue d'outre-Manche et les investisseurs germaniques ont disparu. Doughty Hanson, un groupe de financiers britanniques, a épongé l'intégralité de la dette et pris les rênes de l'entreprise, ce qui a permis aux dirigeants de Tornos de ne pas freiner la croissance de l'entreprise. Doughty Hanson avait alors la certitude de pouvoir gagner de l'argent à moyen terme.

Aujourd'hui, des perspectives prometteuses s'ouvrent à la direction avec la prochaine cotation du groupe, l'arrivée de nouvelles liquidités et le départ des investisseurs britanniques.